Corriger et protéger. La dynamique des réseaux réformateurs en Roumanie (1900-1950). 

Thèse de doctorat en Sociologie - EHESS
Par Emilia PLOSCEANU
Page personnelle
Sous la direction de Rose-Marie LAGRAVE
Année de soutenance 2014
Très honorable avec félicitations du jury

Résumé

Français Anglais
Contribuant à une socio-histoire des savoirs en perspective transnationale, cette thèse étudie les entreprises réformatrices d’un monde engagé dans la spécialisation scientifique et professionnelle, du début de l’Etat-nation à l’Etat communiste en Roumanie. En suivant des pratiques et des trajectoires croisées aux multiples enjeux, elle retrace un espace d’action où les savoirs sont valorisés en fonction de leur dureté formelle, de leur force normative, formative et performative, de leur souplesse empirique par-delà frontières géographiques et registres politiques, de leur efficacité pacificatrice et régulatrice, de la netteté de leur déclinaison du genre, comme de la résistance de leur discours identitaire face aux discontinuités spatio-temporelles. Puisant aux épistémologies de l’interdépendance et du genre, aux méthodes morphologiques et biographiques, aux sources locales et internationales, elle interroge sociologiquement les limites du paradigme moderniste en histoire contemporaine et propose un modèle interdisciplinaire pour une analyse ethnographique des réseaux et des processus sociaux.
Contributing to a socio-history of knowledge practices in transnational perspective, this thesis studies the reform enterprises of a world engaged in a process of scientific and professional specialization, from the beginning of the nation-State to the communist State in Romania. Following connected practices and trajectories driven by various interests, it uncovers a space of agency where knowledge and science are valued in accordance to their formal strength, their normative, formative and performative force, their empirical flexibility across geographical and political frontiers, their pacifying and regulatory capability, the sharpness of their gender division, as well as the resistance of their identity narratives over time and space. Drawing on interdependence and gender epistemologies, biographical and morphological methods, local and international sources, this research questions sociologically the limits of the modernist paradigm in contemporary history and suggests an interdisciplinary model for an ethnographic analysis of social networks and processes.