Corps noirs et médecins blancs. Entre race, sexe et genre : savoirs et représentations du corps des Africain(e)s dans les sciences médicales françaises (1780-1950). 

Thèse de doctorat en Histoire - Aix-Marseille Université
Par Delphine PEIRETTI
Page personnelle
Sous la direction de Anne CAROL
Année de soutenance 2014
T.H. avec félicitations du jury à l’unanimité

Résumé

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Cette thèse porte sur les représentations du corps des Africain(e)s dans la littérature médicale française de la fin du XVIIIe siècle jusqu’au milieu du XXe siècle. Notre étude démontre l’imbrication des théories sur la race, le sexe et le genre au sein des discours sur le corps noir ainsi que la similarité des procédés rhétoriques utilisés pour définir et décrire l’Autre, qu’il soit de sexe féminin et/ou de race noire. Si la race noire est perçue comme un ensemble monolithique dans les discours médicaux du début de la période, la pluralité africaine apparaît peu à peu sous la plume des médecins coloniaux dans le dernier tiers du XIXe siècle, parallèlement à l’expansion coloniale. Au-delà de la classification des grandes races humaines, une taxinomie ethnique se dessine progressivement au sein des études raciologiques. En outre, la description sexuée des populations s’accroît au cours du XIXe siècle dans le but de préciser et de délimiter les catégories raciales et ethniques mais aussi de confronter les peuples noirs à un modèle de civilisation et aux normes de féminité et de virilité européennes, redéfinies elles aussi par la comparaison aux types africains. Certains stéréotypes raciaux demeurent prégnants tout au long de la période, comme l’hypersexualité des Noir(e)s ou encore l’inversion des sexes et du genre en Afrique. Ce travail montre aussi l’existence de voix dissonantes et les oppositions de certains médecins à ces schémas consensuels tout au long du XIXe siècle et au cours du premier XXe siècle.