Comment dialoguer avec des hommes auteurs de violence contre des femmes ? Ethnographie d’un groupe réflexif

Thèse de doctorat en Psychologie - Université Paris 13
Par Jan BILLAND
Sous la direction de Vera Sílvia FACCIOLLA PAIVA
et la co-direction de Pascale MOLINIER
Année de soutenance 2016

Résumé

Français Anglais
Cette étude a pour objectif comprendre en quoi et comment une intervention auprès d’hommes auteurs de violence contre des femmes peut contribuer à la construction de rapports de genre moins inégaux (et non seulement réduire la violence visible). Un groupe réflexif développé au Brésil est étudié selon une méthode ethnographique, combinant observation participante, entretiens semi-directifs avec les trois organisateurs (hommes), et analyse de documents. Un rôle clé est attribué à l’analyse réflexive de l’expérience subjective du chercheur (homme, français, blanc, psychologue). Les résultats et leur discussion contextualisent, décrivent, et théorisent les difficultés inhérentes à la relation interpersonnelle entre facilitateurs et participants du groupe, les stratégies mises en place pour y faire face, et leurs possibles coûts et contributions à la critique des rapports genrés. Ceci permet d’approfondir la compréhension des rapports de pouvoir entre hommes confrontés à des politiques publiques féministes, ouvrant des pistes pour la critique et le renouvellement des pratiques proféministes masculines.
This study’s objective is to understand how an intervention with male perpetrators of violence against women could contribute to the construction of less unequal gender relations (and not only to a reduction of visible violence). A Brazilian reflexive group is studied following an ethnographic method, combining participant-observation, semi-directive interviews with the three (male) organizers, and document analysis. A key role is given to the reflexive analysis of the (white, male, French, psychologist) researcher’s subjective experience. Results and their discussion contextualize, describe, and theorize the difficulties inherent to the interpersonal relationship between group facilitators and participants, their coping strategies, and their possible costs and contributions to the critics of gender relations. This allows a deepened comprehension of power relations between men facing feminist policies, which opens tracks for a critics and renewal of profeminist male practices.