« Boxer-Bangui ». Les femmes libres aux frontières des politiques sexuelles de l’expatriation française en Centrafrique

Thèse de doctorat en Sociologie - Université Paris 8 Vincennes—Saint-Denis
Par Magdalena BRAND
Sous la direction de Gail PHETERSON
Année de soutenance 2016

Résumé

Français Anglais
Pendant mes recherches, j'ai habité le QUARTIER LATIN de Bangui (RCA), également appelé SOWETO, où les femmes étaient cheffes de famille. Les autres habitant-e-s de la ville les appellent les « FEMMES LIBRES, CAR TELLEMENT ELLES ONT USÉ DE LEUR LIBERTÉ, C’EST DEVENU PÉJORATIF ». Pour vivre, elles partaient travailler chaque nuit dans les espaces de loisirs des expatriés français, dans les bars, dans les restaurants et dans les boîtes de nuit du centre-ville, comme employées domestiques, serveuses, prostituées et cuisinières. L'objet de cette thèse est l'analyse des rapports de pouvoir qui traversent les échanges économico-sexuels entre des hommes expatriés français et des femmes centre-africaines à Bangui. La recherche amènera à analyser le travail sexuel et domestique des femmes centre-africaines dans les espaces de loisirs et de consommation des expatriés comme étant au cœur de la construction de la communauté expatriée et de la constitution d’une classe de femmes qui, entre contraintes et recherche d’autonomie, négocient la valeur de leurs vies dans la ville. « SI LES GENS DISENT QUE TU ES UNE PUTE, TU ENTENDS MAIS TU FERMES TES OREILLES, PARCE QUE, TOI, TU SAIS POURQUOI TU LE FAIS : POUR L'AVENIR. C'EST UN TRAVAIL. TU LE FAIS POUR CE QUE TU AS DÉCIDÉ D'ÊTRE DANS TON CŒUR ».
During my fieldwork, I lived in the LATIN QUARTERS in Bangui (Central African Republic), named SOWETO, where women are head of household. Other people call them « FREE WOMEN, BECAUSE THEY USE THEIR FREEDOM SO MUCH, IT BECOMES PEJORATIVE ». To earn their living, they work every night in the recreational areas of French expatriates, bars, restaurants and downtown nightclubs, as domestic workers, waitresses, prostitutes and cooks. The purpose of this thesis is to analyze power relations that structure sexual-economic exchanges between French expatriate men and Central-African women in Bangui. The research will lead to analyze sexual and domestic work of Central-African women as the heart of the construction of the French expatriate community, and of the existence of a class of women who, between constraints and search for autonomy, negotiate the value of their lives in the city. « If people say that you are a whore, you hear them but you shut your ears, because inside you, you know why you do it: for the future. It’s a job. You do it for what you have decided to be in your heart ».