« Au secours des filles perdues, punies, déchues » : les enjeux et stratégies de trois associations caritatives, la Maison de refuge, le Pénitencier pour femmes et le Refuge du Saint Sauveur, Liverpool (1890-1914)

Thèse de doctorat en Histoire et civilisation britannique - Université Paris Diderot-Paris 7
Par Muriel GLESER-LENEVEU
Sous la direction de Myriam Boussahba-Bravard
Année de soutenance 2018

Résumé

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En 1890, la municipalité de Liverpool ordonne la fermeture des maisons closes et « lieux de débauche », ce qui conduit des centaines de femmes à se retrouver sans abri. De nouvelles associations, fondées pour apporter des solutions à cette situation, s’ajoutent aux organisations, plus anciennes, qui dirigent des établissements de « réforme morale » pour femmes. Toutes affirment pouvoir « sauver » ces femmes en les enfermant dans leur foyer ou refuge unisexuel. Le Pénitencier, fondé en 1809, entend transformer ses pensionnaires en domestiques « respectables » grâce à un travail de pénitence de deux années. La Maison de refuge, association de femmes créée en 1890, privilégie un accueil d’une semaine. Le Saint Sauveur, fondé en 1891 et géré par la congrégation catholique des Pauvres Servantes de la Mère de Dieu, offre un repas et un hébergement aux femmes dans l’asile de nuit et forme des femmes catholiques au travail de blanchisserie pendant une année dans le refuge. Ce travail de recherche examine les différentes facettes de l’action de ces trois associations vis-à-vis des femmes hébergées au sein de leur établissement et compare la capacité de ces organisations à appréhender les enjeux auxquels elles sont confrontées de 1890 à 1914. Ancrée dans le contexte politique, social, culturel et religieux de Liverpool, cette étude révèle la contribution essentielle des femmes à la définition du rôle des associations pour femmes. Elle montre comment ces organisatrices de l’aide, confrontées aux formes de discrimination propres à la société dans laquelle elles évoluent, ont adapté l’action des associations et amorcé la transition de la philanthropie vers le travail social dans la ville au début du XXe siècle.