Anna Kuliscioff (1854-1925), égérie du socialisme réformiste italien. Relectures d’un itinéraire complexe.

Thèse de doctorat en Histoire - Université d’Angers
Par Marie-Line BERTRAND
Sous la direction de Christine BARD
Année de soutenance 2016

Résumé

Français Anglais
Anna Kuliscioff (1854-1925) n'est pas une figure inconnue, notamment de l'historiographie italienne et des spécialistes du mouvement socialiste international. Egérie du socialisme réformiste italien, elle est depuis sa mort l'objet d'analyses diverses et reste, aujourd'hui encore, une figure multirevendiquée. La thèse tente de proposer une ou plutôt des relectures de l'itinéraire complexe de cette rebelle russe, née Mikhailovna Rozenstein. A cet effet, elle utilise des sources nouvelles et prend en compte l'ensemble des écrits d'A.K., dont le traduction en français est insérée en annexe (du moins pour les textes les plus importants). Elle introduit également un questionnement autour des identités politiques et des réseaux d'appartenance et de solidarité. Elle mobilise, plus généralement, une approche de genre, où le privé est politique, où sont analysés les rapports entre féminisme et socialisme, et scrutées les tensions internes au camp socialiste sur la cause des femmes. Une première partie revient sur les années de formation, pour souligner le poids du nihilisme dans la trajectoire politique d'A.K., interroger la place qu'y tient son rapport à la judéité, prendre en compte ses expériences de médecin et de femme, mère célibataire de surcroit. Puis une seconde partie, attentive comme la précédente à la mise au jour de réseaux d'appartenance et de solidarité, explore les itinéraires italiens de la militante, passeuse du marxisme et cofondatrice du parti socialiste italien. Elle analyse notamment les rapports d'A.K., avec le féminisme de son époque et les combats qu'elle a menés pour les femmes à l'intérieur de sa famille politique. Enfin, une troisième partie se penche sur la postérité multiforme d'A.K.