Accompagner les processus créatifs de Monica Klingler, Barbara Manzetti et Marian del Valle (janvier 2009 - décembre 2012).

Thèse de doctorat en Art, mention danse - Université de Nice Sophia Antipolis
Par Marian DEL VALLE
Page personnelle
Sous la direction de Marina NORDERA
et la co-direction de José Antonio SANCHEZ
Année de soutenance 2013
T.H. avec félicitations du jury à l’unanimité

Résumé

Français Anglais
Ce projet est né du besoin de questionner ma propre pratique artistique, en la mettant en perspective et en conversation avec celle de deux autres artistes chorégraphes, Monica Klingler et Barbara Manzetti. L’étude de ces (nos) pratiques, que j’ai qualifiées de «mineures» (au sens deleuzien) a été réalisée en les approchant par le «milieu», dans leur devenir, en les «accompagnant» pendant une période délimitée. Les questions qui dynamisent la recherche concernent les notions de présent et de vivant, contenues dans le terme «processus» : comment rendre compte de processus créatifs au moment même de leur surgissement? Comment se positionner pour pouvoir les décrire, les analyser? Une autre question explorée est celle du rôle de l’écriture dans un projet de danse. Quelles pratiques d’écriture mettre en place pour accompagner la danse, pour la penser et pour la partager à travers le langage? L’analyse des démarches artistiques des trois artistes étudiées a été réalisée à l’aide de concepts issus de théories féministes. Elle s’appuie sur la notion de «hors de soi» (Judith Butler) ; sur le positionnement des artistes comme des sujets non unitaires, des «sujets nomades» et en devenir (Rosi Braidotti) ; sur la mise en mouvement de formes changeantes et non réductibles à une œuvre, à l’«un» (Luce Irigaray). La recherche, considérée comme un «processus de danse», a donné forme à différents projets artistiques, Materia Viva, Figuras, Avec le masque, ainsi qu’à l’écriture de la thèse.
The desire and need to question my own artistic work in contemporary dance has led to this project in dance research. To do so, my own practice had to be put into perspective and into conversation with the practices of two other artists, Monica Klingler and Barbara Manzetti. These (our) practices, which I qualify as « minor» (according to Deleuze), were studied in midst, in their process of becoming, and were «accompanied» during the limited lapse of time of this research project. The main questions arise from the notions of the present and liveliness which are contained in the word « process ». How could a creative process be described at the very moment of its emergence? What stance must one take in order to analyse these creative processes? Another main question deals with writing practices. Which is the part of writing in a dance project? Which writing practices should we set up to accompany the dance, to reflect upon it and to share it through language? I have analyzed the artistic approach of the three artists using some concepts taken from feminist theories : « out of oneself», exacerbating the vulnerability (Judith Butler) ; the positioning of artists as non-unitary subjects, « nomadic subjects », and subjects in the process of becoming (Rosi Braidotti) ; and how the artist sets fluid and changing forms in motion, which cannot be reduced to «one» single work (Luce Irigaray). The research project, considered as a « dance process », has given birth to different artistic projects, such as Materia Viva, Figuras, Avec le masque, along with the writing of the thesis.