Centre d’Epistémologie et d’Ergologie Comparatives (Ceperc)

Le Centre d’EPistémologie et d’ERgologie Comparatives (Ceperc) est une unité mixte de recherche associant l’Université d’Aix-Marseille (Aix-Marseille Université - AMU) et le Centre national de la recherche scientifique (CNRS). Il est rattaché au Département de Philosophie de l’AMU et à l’Institut des sciences humaines et sociales du CNRS (section 35 : Sciences philosophiques et philologiques, sciences de l’art).

Le Ceperc est intégré dans l’ensemble fonctionnel de la Maison de la recherche sur le site géographique de la Faculté de lettres d’Aix-en-Provence, mais aussi sur le site de St-charles à Marseille.

Ce laboratoire de recherche, issu du Séminaire d’Epistémologie Comparative, créé en 1974 par Gilles-Gaston Granger, est devenu Ceperc en 1995, intégrant ainsi la dimension ergologique dans ses programmes de recherche.
Les recherches conduites au sein du Ceperc ont trait à l’étude comparative des objets, des concepts et des méthodes propres aux différentes disciplines scientifiques, d’un triple point de vue historique, ontologique et fondationel.
La direction de cette unité a été successivement assurée, après l’élection de G.G. Granger au Collège de France, par Elisabeth Schwartz, Alain Michel, Pierre Livet et Gabriella Crocco. Elle est assurée depuis janvier 2016 par Pascal Taranto.

Notre première spécificité, au sein de la réflexion épistémologique contemporaine, tient en premier lieu à ce que nous étudions à la fois l’épistémologie des sciences mathématiques, physiques, biologiques et des sciences de l’homme et de la société, réunissant ainsi un large éventail de compétences indispensables pour entreprendre des études comparatives.

Notre seconde spécificité tient également à ce que nous sommes la seule équipe d’épistémologie à aborder l’étude des disciplines scientifiques sous la triple perspective de l’histoire, des fondements et des pratiques. Il est légitime de poser que l’examen des fondements d’une discipline scientifique est la tâche prioritaire de l’épistémologie, mais ce faisant, on prend le risque de spéculer gratuitement. On prévient ce risque en s’attachant à saisir les origines historiques des concepts et des méthodes scientifiques et en dressant l’histoire des débats et des systèmes de savoirs dans lesquels ils sont apparus. Sur cette base ferme, on peut alors étudier de façon critique, d’une part, les problèmes de transfert et de reformulation des concepts et des méthodes dans d’autres domaines disciplinaires et, d’autre part, l’inscription des concepts dans le champ des techniques, des pratiques et des activités humaines.

Enfin, notre troisième spécificité tient à la volonté de lier l’ensemble de nos travaux sur les disciplines particulières à la philosophie dans le sens le plus usuel du terme, c’est-à-dire à la métaphysique et à l’ontologie. Il s’agit d’élaborer des méthodes d’analyse, s’appuyant sur la logique et l’ontologie pour examiner, du point de vue le plus général et le plus abstrait qui soit, la comparaison des disciplines, et pour chacune d’elles, les terrains où elles s’appliquent et se mettent en œuvre. L’objectif ici est de révéler les différences de régime discursif, de processus de conceptualisation et d’objectivation, de mode de légitimation des énoncés (ou des théories) et, finalement, de type d’engagement ontologique, entre les principales manifestations de la raison dans son usage théorique. Ainsi comprise, la méthode comparative en épistémologie conduit à poser à nouveaux frais la question de l’unité de la science et de la pluralité des figures de la rationalité au travail - y compris sous l’angle des contraintes de nature pratique ou ergologique qui contribuent à modifier leurs contours, lorsqu’elles prétendent servir de normes pour les activités humaines.

correspondante : Sylvie PONS