Axe 7 - Sexualités

Hétéronormativités et LGBT

De nombreux travaux récents portent sur la manière dont les sexualités, dans leur multiplicité, produisent et déstabilisent, configurent ou reconfigurent, font et défont les genres et les identités. La relation entre sexualités et genres, et leur agencement au sein des dispositifs de pouvoir, est l’objet d’enquêtes empiriques, historiques ou littéraires, aussi bien que théoriques et philosophiques. Ils constituent le lieu du déploiement des questionnements spécifiques mis en œuvre par le vaste ensemble des études LGBT, qui se sont constituées comme un champ de recherche autonome et comme un moyen d’interroger et de féconder tous les champs de la recherche au début des années quatre-vingt-dix.

La recherche s’est notamment développée autour des nouvelles formes de familles ou, plus largement, d’arrangements familiaux, affectifs, relationnels, et de parenté. Les possibilités ouvertes par les nouvelles technologies de reproduction ont entraîné une mise en question de l’assignation de la filiation à la différence, biologique ou symbolique, des sexes ou au binarisme sexué. La pluralisation des formes relationnelles et des arrangements familiaux, qui échappe à l’opposition hétéroparenté/ homoparenté conduit à distinguer orientations sexuelles, orientations de genre et modalités de la parenté.

Plusieurs axes de recherche se sont développés dans ce sillage : les études sur le corps, en tant que production sociale et objet du politique ; en tant, aussi, qu’il est l’objet de demandes de lisibilité, que ce soit face à la loi ou dans l’espace public (ce qu’évoque ici tout particulièrement la problématique transgenre).
Les dispositifs discursifs sont également passés au crible de l’analyse, en l’occurrence, la manière dont les catégories discursives tenant aux genres et aux sexualités définissent, assignent, découpent, ordonnent, réglementent, etc., et à ce titre sous-tendent, organisent, voire constituent les institutions qui régissent et perpétuent l’ordre sexuel.

Les recherches qui ont vu le jour dans le cadre d’une articulation genre-sexualités ont également concerné les domaines du droit, c’est-à-dire des rapports entre les innovations sociales, culturelles et les transformations juridiques produites par les mobilisations et les revendications. C’est aussi toute la question de l’éducation qui se trouve posée, que ce soit au niveau d’une réflexion sur les rôles parentaux ou d’une réflexion sur le rôle et les fonctions du système scolaire ; cela, aussi bien à partir d’enquêtes et de recherches empiriques, que d’analyses des discours qui s’affrontent sur la nécessité de garder ou de défendre des « repères », ou d’accompagner, voire de favoriser, les bouleversements en cours.