Axe 3 - Territorialités, espaces, mondialisation

Le genre et les sexualités sont présents partout et tout le temps, dans les discours et les actes, les pratiques et les subjectivités. Cela signifie que les différences genrées et sexuées sont au fondement même des sociétés contemporaines. Pourtant on sait peu de choses sur la manière dont se négocie la place de chacune et de chacun dans l’espace et sur la prise en compte de la diversité et de l’altérité dans la fabrique des territoires.

Les lectures de la mondialisation, souvent conjuguées au masculin, montrent à quel point les rapports de pouvoir se jouent et s’expriment dans des territorialités individuelles et collectives (cf. axe 7). Spatialiser le genre et les sexualités, c’est dire combien les lieux comptent et interviennent à toutes les échelles dans la construction des identités genrées et l’évolution des rapports sociaux de sexe. C’est, par exemple, à l’échelle des aires culturelles et des Etats que se définissent souvent les normes et les lois qui régissent tout un ensemble de pratiques genrées et sexuelles. C’est aussi à cette échelle que s’observent les plus grandes différences de pratiques et de représentations genrées sous l’influence des valeurs sociétales, des identités religieuses (axe 9) et des niveaux de développement (axe 5).

Les bouleversements qui accompagnent la mondialisation contemporaine, notamment les redéfinitions des rapports marchands/non marchands et la mise en mobilité, qui se traduit par une implication de plus en plus grande des femmes dans différentes formes de circulation, reposent sur des effets ambivalents à la fois de transformation des systèmes de contrainte, de hiérarchisation, mais aussi de reconnaissance d’inventivités. A l’échelon infranational, se donne plus particulièrement à voir le renouvellement des comportements souvent lié au degré d’urbanité et aux héritages sociaux et culturels. Ainsi c’est dans l’espace public que se cristallisent les plus fortes tensions pour garantir un droit à la ville pour toutes et tous.

Cet axe sera l’occasion de réinterroger les discours dominants sur la mondialisation et ses conséquences, en particulier sur l’homogénéisation des modes de vie. Son hypothèse forte est que, du point de vue du genre et des sexualités, cette homogénéisation est loin d’être une réalité. Cet axe est ainsi porteur d’une approche des espace-temps qui permettraient d’interroger les catégories duales comme le local/le global, l’ici/l’ailleurs, la périphérie/le centre, l’intérieur/l’extérieur, le privé/le public.