L’accord im/possible. Ecriture, prise de parole, engagement et identités multiples chez Marie-Louise Taos Amrouche

Publié le 10 novembre par Equipe GIS IdG

L’accord im/possible. Ecriture, prise de parole, engagement et identités multiples chez Marie-Louise Taos Amrouche

date : 21 novembre 2016 à 10 h
lieu : salle des thèses, Espace Deleuze Bat A, premier étage, université Paris 8 Saint-Denis.

Cette thèse se propose de rendre compte de l’œuvre de Marie-Louise Taos Amrouche (1913-1976) comme prise de parole, engagement et écriture des identités multiples. Pour faire ressortir de nouveaux aspects en lien avec la problématique de la parole des femmes par l’écriture, une analyse socioculturelle contextualisée et historicisée est privilégiée. L’enjeu est de montrer comment la carrière d’Amrouche, de sa venue à l’écriture à sa projection dans le paysage littéraire français, est traversée par des obstacles liés aux origines et au genre. Une approche intersectionnelle permet notamment de (re)penser les différentes dominations – la discrimination de genre et de « race » et la problématique des identités plurielles – sans les hiérarchiser et en mettant à jour les mécanismes d’oppression et les stratégies de résistance du sujet écrivant.
Pionnière sur l’écriture de sujets sensibles à son époque, Amrouche n’est pas seulement écrivaine mais également cantatrice des chants berbères. Cette thèse démontre, par ailleurs, comment l’écriture et le chant se font simultanément et traduisent le même besoin celui d’accord entre : la prise de parole d’une femme « indigène » sous la colonisation, la recherche des origines berbères et la part de l’héritage chrétien et français. Est particulièrement mise en lumière la façon dans laquelle Amrouche devient un sujet hybride résultant de plusieurs identités créées par l’Histoire coloniale et postcoloniale : elle refuse de choisir entre les identités multiples, ne voulant en brader aucune au profit d’une autre. La recherche d’un accord im/possible ressort ainsi comme la métaphore privilégiée pour qualifier ses luttes et son écriture.

Membres du jury :

Dora Carpenter- Latiri, Senior Lecturer, University of Brighton
Mounira Chatti, Professeure, Université Montaigne Bordeaux, TELEM
Daniela Merolla, Professeure, INALCO, CNAD
Marta Segarra, Directrice de recherche au CNRS, LEGS
Nadia Setti, Professeure, Université Paris 8- LEGS (directrice de recherche)
Sonia Zlitni-Fitouri, Professeure, HDR, Université de Tunis

Mots clés : Écriture, parole, genre, intersectionnalité, Kabylie, chants, identité.