Les matérialités discursives du sexe. La construction et la déstabilisation des évidences du genre dans les discours sur les sexes atypiques

Publié le 10 novembre par Equipe GIS IdG

Les matérialités discursives du sexe. La construction et la déstabilisation des évidences du genre dans les discours sur les sexes atypiques

date : vendredi 18 novembre 2016 à 9h00
lieu : Université Paris 13, 99 Avenue Jean Baptiste Clément, 93430 Villetaneuse
IUT de Villetaneuse, salle T204

Thèse dirigée par Luca Greco et Marie-Anne Paveau

Composition du jury

Delphine GARDEY, Professeure ordinaire, Université de Genève
Luca GRECO, Maître de conférences, Université Sorbonne Nouvelle
Dominique MAINGUENEAU, Professeur, Université Paris-Sorbonne
Patricia VON MÜNCHOW, Professeure, Université Paris Descartes
Stéphanie PAHUD, Maître d’enseignement et de recherche, Université de Lausanne
Marie-Anne PAVEAU, Professeure, Université Paris 13
François PEREA, Maître de conférences, Université Paul Valéry Montpellier 3

Résumé

Cette thèse porte sur les discours relatifs aux variations du développement du sexe (intersexuation) : il s’agit de considérer ces discours comme un lieu où la différence binaire des sexes est possiblement déstabilisée ou au contraire produite et réaffirmée. Cette thèse s’inscrit dans le domaine de l’analyse du discours avec un double ancrage théorique. D’une part, je m’inscris dans la continuité de l’analyse de discours dite française, en faisant dialoguer la théorie du discours avec les études de genre autour des concepts d’idéologie, de formation discursive et de préconstruit. D’autre part, ma thèse adopte la perspective des Gender & Language Studies anglophones dont les recherches portent sur les questions de pratiques de catégorisations et de construction des identités de genre. Mes analyses portent sur la manière dont les différent·es locuteur·es mobilisent les ressources sémantiques, lexicales, énonciatives et pragmatiques de la langue dans leurs pratiques discursives afin de produire les sens du sexe, de créer les identités sexuées, mais aussi de stabiliser ou déstabiliser les idéologies de genre dans des mouvements constants de naturalisation (effets d’évidence, stéréotypies) et de dénaturalisation (non-coïncidences des dires, créations lexico-syntaxiques) de la différence des sexes. Trois corpus ont été constitués afin de mener des analyses sur la construction discursive des sexes : un corpus de discours médicaux, un corpus de discours militants, et un corpus de discours pornographiques. À partir d’analyses qualitatives des observables prélevés, cette thèse montre que les sens du sexe sont toujours en train de se faire et de se défaire dans les discours : produits par l’idéologie hétéronormative, affirmés ou subvertis par les constitutions subjectives, reconfigurés par les discours du désir.

Mots-clés : sexes, pratiques discursives, idéologies, formations discursives, identités