Cycle sur genre et conflits armés

Publié le 18 octobre par Equipe GIS IdG

Cycle sur genre et conflits armés proposé par l’UMR LEGS 8238-CNRS
(Laboratoire d’études de genre et de sexualité) et le département
d’études de genre/Centre d’études féminines et de sexualité, Université Paris 8 Vincennes.

Ce séminaire est animé par Carol Mann chercheure associée au LEGS , directrice de Women in War avec Betül Yarar, précédemment de l’université d’Ankara, invitée par Paris 8 et Valérie Pouzol, Maîtresse de conférences en histoire à Paris, chercheure au LEGS.

Ce sont des cours publics. Un jeudi par mois de 16 à 18h (sauf la première session qui se tiendra le vendredi).
Cette série de conférences présente quelques-uns des conflits armés actuels pour évoquer des problèmes et attitudes sexospécifiques tant dans l’idéologie des acteur.trices que dans les pratiques, y compris l’accès à la justice et l’humanitaire. Toute guerre (y compris celles financées et/ou soutenues par des puissances qui n’envoient pas leurs propres troupes sur le terrain) nécessite une construction particulière des notions de masculinité et de fémininité qui produisent une hyper-virilisation naturalisée des institutions, de la culture, de l’industrie, de l’économie et des valeurs associées de près ou de loin à la guerre, dont le nationalisme.

Depuis une trentaine d’années, à partir des travaux innovateurs de Cynthia Enloe, Jean B. Elshtain puis Cynthia Cockburn, une réflexion féministe sur la guerre a vu le jour, suscitant des recherches pluridisciplinaires auprès des universitaires avec des conséquences sur les considérations des décideurs politiques et des activistes.

Une première phase a cherché à déconstruire les stéréotypes genrés qui, depuis des siècles, ont imposé des stéréotypes concernant les hommes "naturellement" guerriers et protecteurs et les femmes tout aussi "naturellement" pacifistes, fragiles et victimes potentielles.
Par la suite, une approche intersectionnelle a poussé la recherche à dépasser la description sous toutes ses formes pour lui préférer une approche plus nuancée, fondée sur les rapports de pouvoir mettant en jeu des notions de race, classe, sexe, âge, géographie. Il s’agit à présent d’identifier à quel moment et de quelle façon des notions de genre interviennent sur les pratiques et la politique de la guerre, celle-ci étant comprise comme regroupant toutes les activités qui y mènent et qui en découlent, de la propagande et l’industrie de l’armement aux négociations de paix et la culture de consommation quotidienne.
Pour discuter de ces problématiques, notre point de départ sera chaque fois une actualité. Nous avons choisi de nous concentrer sur des conflits armés récents et en cours. Au premier semestre, nous nous pencherons sur le Moyen-Orient avec un détour en Colombie, et au second, centenaire de la révolution russe oblige, nos intervenant.e.s venues de régions de conflit de l’ex-URSS, évoqueront la problématique du genre moins connus ou commentés en France, en particulier l’Ukraine et le Caucase. Les négociations de paix, la culture populaire, le regard queer sur les pratiques militaires seront également débattus.

Le corpus théorique sera étudié séparemment dans les cours de Valérie Pouzol au second semestre.
Certaines séances se tiendront en anglais.
Chaque intervention sera précédée par une présentation générale et théorique et une large partie sera consacrée au débat.

Ouvrage de référence :
Handbook on Gender and War edited by Simona Sharoni Julia Welland, Linda Steiner and Jennifer Pedersen, Edward Elgar, Cheltenham-Northampton, 2016.

PREMIERE SEANCE :
Exceptionnellement vendredi 28 octobre : Réflexions genrées sur les questions turque et kurde avec Engin Sustam, Université de Genève et Betül Yarar, chercheure invitée de Paris 8
lieu : Université Paris 8, St. Denis (Métro Saint-Denis Université) Salle J003 (salle à confirmer).
Engin Sustam a fait des études de sociologie à l’Université des Beaux-arts Mimar Sinan à Istanbul (2000) où il a suivi son premier master en sociologie (2002), puis son deuxième master (DEA-2005) ainsi que son doctorat à l’EHESS (2012). Sa thèse « La culture subalterne kurde et l’art contemporain : déviation, interpénétration et déterritorialisation », vient de paraître chez L’Harmattan sous le titre « Culture Subalterne Kurde et Arts en Turquie ». Il était Prof. Assistant entre 2013 et 2015 à l’Université d’Arel à Istanbul en sociologie et enseigne à présent à Genève.