Sappho vingt-et-unième siècle

Ce que l’érôs archaïque apporte aux réflexions contemporaines sur le sexe et le genre

Publié le 27 avril par Equipe GIS IdG

Séminaires

Sappho vingt-et-unième siècle : ce que l’érôs archaïque apporte aux réflexions contemporaines sur le sexe et le genre

29 avril 2016
Jardin des Plantes, Grand amphithéâtre d’entomologie, 43 rue Buffon (Paris 5e), 14h-16h

Avec Sandra Boehringer, Histoire grecque (Université de Strasbourg)

À la fin du VIIe siècle et au début du VIe siècle avant notre ère, la poésie était affaire sérieuse : les femmes suivaient une formation chorale, les poétesses étaient reconnues, les figures politiques comme les simples citoyens y étaient formés dès leur plus tendre enfance. Cette poésie était chantée, au banquet, en public, lors de fêtes religieuses ou civiques, et elle faisait intervenir la voix et le corps.
C’est dans ce contexte que Sappho composa des vers qui traversèrent les siècles : Catulle, Louise Labé, Racine s’en inspirèrent, la traduisirent, la reprirent. Dans ses poèmes – tels qu’ils nous sont parvenus et aussi tels que des découvertes papyrologiques très récentes (en 2004 et 2014) nous permettent de les lire –, Sappho chante, souvent, l’élan érotique d’une femme pour une femme et, tout à la fois, invente une cartographie du corps amoureux qui fera date. Cet érôs sans identité de genre permet de mieux percevoir certaines catégories contemporaines trop souvent considérées comme naturelles, et de reconsidérer l’élan érotique dans toute sa fluidité.

Sandra Boehringer est maîtresse de conférences en histoire grecque à l’Université de Strasbourg et membre du laboratoire Archimède (UMR 7044). Ses travaux portent sur les questions de genre et de sexualité dans l’Antiquité grecque et romaine.
Avec Claude Calame et Florence Dupont, elle co-anime à l’EHESS un séminaire intitulé « Prendre les Anciens au mot : ce que l’Antiquité fait à la modernité ».