"Le travail artistique à l’épreuve du genre. Perspectives socio-historiques

Séminaire-Atélier

Publié le 12 janvier par Equipe GIS IdG

En vous présentant nos meilleurs vœux pour cette nouvelle année 2016, nous avons le plaisir de vous annoncer la première séance de l’atelier Campus Condorcet "Le travail artistique à l’épreuve du genre. Perspectives socio-historiques"

Séance 1 : jeudi 21 janvier 2016, de 14h00 à 17H00 à l’EHESS (Salle 1, Bâtiment Le France, 190 avenue de France 75013 Paris)
« Les inégalités de genre dans l’audiovisuel : une analyse des dynamiques de parcours »
Janine Rannou (CESPRA, EHESS-CNRS), Vincent Cardon (CURAPP-ESS, UPJV-CNRS), Ionela Roharik (CESPRA, EHESS-CNRS)

« Une caméra à soi. Sur les modes d’appropriation de la vidéo légère par les femmes (France, années 1970) »
Hélène Fleckinger (ESTCA, Paris 8)

Discutante : Marie Buscatto (IDHES, Paris 1 - CNRS)

Résumés :


"Les inégalités de genre dans l’audiovisuel : une analyse des dynamiques de parcours"

Janine Rannou, CESPRA (EHESS-CNRS) ; Vincent Cardon, CURAPP-ESS (UPJV-CNRS) et CESPRA, (EHESS-CNRS) ; Ionela Roharik, CESPRA (EHESS-CNRS)

Comme beaucoup de secteurs des médias et de la culture en France, le marché du travail audiovisuel a connu de forts bouleversements ces dernières années. Il a notamment été marqué à la fois par un fort dynamisme et par une précarisation des situations individuelles. Hommes et femmes ont-ils été affectés de la même manière par ces évolutions, ou assiste-t-on à une convergence des positions des hommes et des femmes sur ces marchés du travail ?

Au-delà d’une simple photographie, statique, des inégalités hommes-femmes, nous proposons de scruter les dynamiques de carrières, dans leurs dimensions salariales mais aussi en termes de diversification intersectorielle et interprofessionnelle. Si des formes de discrimination dans l’emploi persistent, on constate que dans certaines configurations, les femmes « réussissent » aussi bien sinon mieux que leurs homologues hommes. Mais l’examen statistique des données des Congés Spectacles et de France Télévisions permet de mettre au jour des phénomènes discrètement discriminants, dont la combinaison s’exprime dans des différences subtiles entre les carrières féminines et masculines, ce qu’illustre notamment une étude des trajectoires professionnelles des réalisatrices.

"Une caméra à soi. Sur les modes d’appropriation de la vidéo légère par les femmes (France, années 1970)"

Hélène Fleckinger (ESTCA, Paris 8)
Si les années 1970, en France, représentent une décennie charnière pour les femmes cinéastes, qui passent de 3% en 1969 à près de 9% dix ans plus tard, le cinéma reste néanmoins une affaire d’hommes, y compris dans les collectifs militants issus des États Généraux du cinéma de mai-juin 1968. Tandis que des femmes, le plus souvent féministes, s’engagent dans l’organisation de festivals de « films de femmes » et la promotion d’un cinéma « invisible », d’autres choisissent de s’emparer de la vidéo légère. Ce nouvel outil, encore vierge de toutes appropriations codifiées et figées, s’impose en effet dès 1970 et l’apparition du Mouvement de libération des femmes, comme un moyen de lutte, d’expression et de création, répondant à une exigence politique d’auto-représentation. Or les pratiques en vidéo légère s’affirment progressivement comme une « école » pour des réalisatrices, autodidactes, qui rejoindront ensuite d’autres secteurs de production audiovisuelle (cinéma, télévision, animation sociale et culturelle...), offrant ainsi une nouvelle voie à leur professionnalisation.