La circulation des normes : approches en sciences sociales

Séminaire annuel CARISM 2015-2016

Publié le 1er décembre 2015 par Equipe GIS IdG

La circulation des normes : approches en sciences sociales

Séminaire annuel CARISM 2015-2016

Résumé
Comment les normes circulent-elles, comment sont-elles mises en circulation ? Qu’elles soient morales, techniques, alimentaires, juridiques, temporelles, culturelles, comptables, écologiques, corporelles ou encore de genre, in fine toutes les normes sont sociales dans la mesure où leur construction résulte de concurrences et de tractations au long cours entre des intérêts politiques plus ou moins antagonistes. Interroger les processus de circulation, c’est-à-dire de définition, de formalisation, de publicisation, de transmission, de traduction et d’appropriation des normes sociales, c’est donc examiner la lutte pour le pouvoir d’édicter ce qui est souhaité, valorisé, légitime et ce qui ne l’est pas.

Argument du séminaire
Comment les normes circulent-elles, comment sont-elles mises en circulation ? Qu’elles soient morales, techniques, alimentaires, juridiques, temporelles, culturelles, comptables, écologiques, corporelles ou encore de genre, in fine toutes les normes sont sociales dans la mesure où leur construction résulte de concurrences et de tractations au long cours entre des intérêts politiques plus ou moins antagonistes. Interroger les processus de circulation, c’est-à-dire de définition, de formalisation, de publicisation, de transmission, de traduction et d’appropriation des normes sociales, c’est donc examiner la lutte pour le pouvoir d’édicter ce qui est souhaité, valorisé, légitime et ce qui ne l’est pas. La circulation des normes a ainsi souvent pour enjeu la consécration ou la disqualification symbolique des groupes sociaux ; elle est caractérisée par une tendance à l’universalisation voire à la naturalisation de manières d’être, de faire ou de penser géographiquement, historiquement et socialement circonscrites.

Une journée d’étude et un colloque respectivement consacrés aux « publics en mouvement » et aux « devenirs artistiques de l’information » ont d’ores et déjà permis d’observer comment, au sein d’espaces sociaux alternatifs s’élaborent des systèmes normatifs hybrides, oppositionnels, à la fois autonomes et en tension avec les normes dominantes. A la suite de ces journées de travail, nous souhaitons ouvrir un questionnement plus transversal, d’une certaine façon plus ambitieux et donc aussi plus risqué, et cela de deux manières. D’une part en confrontant systématiquement trois regards disciplinaires - histoire, sociologie et sémiologie - sur ces circulations inégales de normes. D’autre part en invitant des collègues qui ne sont pas nécessairement spécialistes des médias, dont les exposés (à partir d’un texte préalablement envoyé) pourront ne pas traiter des logiques médiatiques, mais que nous questionnerons sur le rôle et la place des arènes publiques - conventionnelles comme alternatives - dans la fabrique, la diffusion et l’appropriation des normes.

Cette ouverture doit par exemple permettre de préciser le statut des normes dans la constitution des idéologies ou de mieux saisir leur lien avec la production de stéréotypes. Dans quelle mesure les conflits normatifs sont-ils une composante centrale des rapports de sens qui accompagnent les rapports de force inhérents à la vie collective ? Les normes drainent des critères d’évaluation et relèvent donc du processus historique et instable visant à consolider ou à déstabiliser des hiérarchies indissociablement sociales et symboliques. Dès lors, comment s’articulent les transformations des principes normatifs les plus répandus et les transformations de l’organisation sociale ?

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