Différends sur le sexe : lectures divergentes des corps intersexués chez les équipes médicales et les chercheurs intersexes

Séminaire

Publié le 1er juin par Equipe GIS IdG

Séminaire

Différends sur le sexe : lectures divergentes des corps intersexués chez les équipes médicales et les chercheurs intersexes

27 mai 2016
Avec Janik Bastien-Charlebois, Sociologie (Université du Québec à Montréal)

Les sens, les qualificatifs ainsi que les possibilités attribués aux corps des personnes intersexuées sont l’objet d’un profond différend entre spécialistes médicaux et chercheurs ainsi qu’activistes intersexes et non-intersexes critiques. Là où les uns voient une pathologie, les autres voient une variation. Là où les uns postulent une vérité du sexe, les autres décrivent une expérience d’invalidation médicalement et socialement produite. Cette fracture se réfracte à travers une multitude de sites que la médecine a infiltrés de sens et que des chercheurs critiques s’appliquent à débusquer et à examiner. Une ontologie du corps comme étant « mâle », « femelle » ou en état d’exception « ambigu » et temporairement indéterminé, une essence mâle/homme et femelle/femme émanant des chromosomes ou de la production hormonale, un développement sexué marqué par la « norme » ou le « désordre », l’« échec » et le « sous- », des composantes corporelles regroupées sous la « maladie » et le « syndrome », et qualifiées jusque dans leur plus petit élément d’« hyper », de « surplus », de « trop » ou d’« insuffisant », des potentialités identitaires, romantiques et sexuelles vivables et invivables.
Cette présentation vise non seulement à présenter une cartographie du débat, mais également à exposer les logiques qui sous-tendent les lectures divergentes, et ce, jusque dans leurs fondements épistémiques. Nous allons mobiliser des analyses critiques qu’ont produites des chercheurs intersexes du discours médical sur l’intersexuation, de même que les réflexions d’Iris Marion Young et Miranda Fricker sur la production du savoir et l’économie de la crédibilité.

Janik Bastien Charlebois est professeure au département de sociologie à l’Université du Québec à Montréal (UQAM) Elle est co-chercheure au sein du groupe partenarial Cultures du témoignage, de même que membre de la Chaire de recherche sur l’homophobie, ainsi que de l’Institut de recherche et d’études féministes (IREF). Sa recherche actuelle porte sur l’émergence de la parole des personnes intersex(ué)es.