Des pédagogues féministes en Bretagne et dans la Caraïbe

Publié le 31 mai par Equipe GIS IdG

Séminaire "le genre à l’Ouest"
En visioconférence entre Brest - faculté Victor Segalen, C204 - et Rennes 2 - campus de la Harpe, salle 148, 14-16h30.

Séminaire le 3 juin de 14h à 16h30

Organisé dans le cadre de l’Institut Brestois des Sciences Humaines et Sociales de l’UBO et du pôle « Gouvernance » de la MSHB

Dans le cadre de genre à l’Ouest, cycle de séminaires en Bretagne sur le genre,

Des pédagogues féministes en Bretagne et dans la Caraïbe

vendredi 3 juin de 14 h à 16 h 30
Salle C204 de la faculté de Lettres et Sciences Humaines, UBO
Salle 148, campus de La Harpe, Rennes2

Présidente de séance :
Arlette Gautier (PR de sociologie, UBO, CRBC)

Contenu :

  • Marie-Françoise Bastit-Lesourd, « Madame Souvestre (1806-1886) et Marie Souvestre (1835-1904), de mère en fille, un siècle autour de l’éducation des filles » Nanine Papot-Souvestre (1806-1886), quoique apparemment très effacée et dans l’ombre de son époux l’écrivain Emile Souvestre a œuvré activement pour l’instruction des filles. Elle est proche des réseaux féministes de son époque ( Eugénie Niboyet, madame Bachellery, Elisa Lemonnier....) et prend plus résolument parti après 1848 et surtout après son veuvage en 1854. Elle participe en effet au groupe des femmes qui met en place l’enseignement professionnel féminin. Sa vision de l’éducation des jeunes gens et des jeunes filles transparait à e son roman "Trois mois de vacances". Sa fille, Marie Souvestre (1835-1904), baignée dans son enfance dans le milieu intellectuel républicain des amis de ses parents, fait le choix de devenir enseignante et à la différence de nombreuses femmes, non dans le domaine de la petite enfance mais dans celui de l’enseignement supérieur pour les jeunes filles. Elle est connue à travers ses illustres élèves dont Eléanor Roosevelt qui ont vanté ses qualités de pédagogue au sein des Ruches à Fontainebleau et à Allenswood.
  • Françoise Bastit-Lesourd Née en 1950 et orthophoniste dans une consultation pour enfants durant sa vie active, Marie-Françoise Bastit-Lesourd est aussi une passionnée d’art et d’histoire et titulaire d’une licence d’histoire de l’art et d’un master 1 d’histoire contemporaine. Depuis une quinzaine d’années elle rédige des articles et biographies pour différentes revues d’histoire locale en lien avec la Bretagne. Elle s’intéresse tout particulièrement aux femmes de Bretagne ou d’Anjou au 19e mais aussi à quelques femmes nées avant la révolution comme Fanny Raoul, ressortie de l’oubli depuis quelques années par Geneviève Fraisse.
  • Fatima Rodriguez (PR en civilisation espagnole, UBO, HCTI), « Genre et éducation dans la Caraïbe » Héritiers des initiatives métropolitaines, les systèmes éducatifs de la Caraïbe auront évolué de l’enseignement au couvent propre au système colonial vers les programmes d’instruction publique et d’éducation populaire menés dès les premières indépendances, selon les modèles politiques de l’Amérique continentale (importation des modèles français et britanniques). Or, au-delà des grandes affinités, plusieurs particularités feront de ce territoire une plateforme pionnière en matière d’éducation de la femme : 1. Une importante contribution à l’éducation formelle dans la métropole (financement d’infrastructures depuis le XVIIe siècle) : co-développement, 2. Une forte influence des mouvements associatifs laïcs et des associations féministes de tout ordre sur les politiques publiques, entre la fin du XIXe siècle et les années 1930. 3. Une articulation entre les revendications ethniques, politiques et féministes : les problématiques de genre, de race et de nation deviennent, à ce titre, indissociables au sein des groupes indépendantistes. En ce sens, la différence est patente entre les sociétés américaines esclavagistes et non-esclavagistes. Quels invariants dans ces particularités ? Quels modèles éducatifs ? Quelles conséquences à moyen et long terme sur la condition de la femme ? Nous aborderons les initiatives pionnières dans un système qui, malgré des avancées remarquables, aura du mal à s’affranchir d’une mise en rapport de l’éducation des jeunes filles avec une prétendue destinée sociale.
  • Fátima Rodríguez. Poète et professeure à l’Université de Bretagne occidentale. Travaille depuis une trentaine d’années sur les créations au féminin et su le lien entre l’écriture et les constructions sociales et plus particulièrement sur l’expression publique (conférences, allocutions, discours,...) des mouvements féministes latino-américains (fin XIX-1939). Dernier ouvrage : Los pasos encubiertos del féminismo latino-americano (les pas recouverts du féminisme latino-américain). A paraître fin 206. Elle prépare un monographique sur l’essai latino-américain pour la revue Caravelle (parution en 2018).