"Homonationalisme… et racisme chez les LGBT ?"

Publié le 17 mai par Equipe GIS IdG

"Homonationalisme… et racisme chez les LGBT ?"

  • Date : Vendredi 20 Mai 2016
  • Horaires : de 18h à 20h
  • Lieu : Université Lumière Lyon II, 2 rue de l’Université, 69007 Lyon, salle CR34
  • Accès : T1 arrêt rue de l’Université, T2 arrêt Centre Berthelot puis remonter la rue pasteur à pied jusqu’à rue de l’Université.

Dans le cadre de la journée internationale de lutte contre l’homophobie et la transphobie, l’Association Les UNvisibles de Stonewall, vous propose pour le vendredi 20 mai de 18h à 20h, une conférence débat ayant pour thème : « homonationalisme… et racisme chez les LGBT ? », en partenariat avec la Chaire Inégalités et Discriminations de l’Université Lyon 2, et le Centre d’études postcoloniales de Lyon.

Un homo dans la cité de Brahim Naït-Balk (2009) et Homo-ghetto de Franck Chaumon (2009) sont deux ouvrages ayant fait sensation au moment de leur sortie, bien qu’ils décrivaient parfois une banlieue sans nuance (« Au-delà du cri de détresse souvent exclue, victime du chômage et des discriminations, ce livre dresse un portrait terrifiant de nos banlieues gangrenées par la misère sociale, éducative, affective et sexuelle »). Comment expliquer que 7 ans après parait Rose Marine de Marie-Pierre Bourgeois sur l’homosexualité et le FN ? Au moins trois hypothèses nous semblent possibles :

  • L’explication est peut-être à chercher du côté de ce qu’Eric Fassin appelle la « démocratie sexuelle » qui consiste à faire jouer l’égalité sexuelle contre les personnes racisées, quand, finalement, la lutte contre l’homophobie sert à légitimer une xénophobie d’État. L’idée serait de dire que l’homophobie n’existe plus en France, si ce n’est en « banlieue », ou que l’homophobie en « banlieue », dans les quartiers populaires, serait plus violente qu’ailleurs, comme l’avait professé une intellectuelle (terme à utiliser avec précaution) pour le sexisme.
  • L’explication est peut-être à chercher du côté de la mise en concurrence des luttes prenant parfois la forme d’une course aux droits, là où le droit ne reconnait pas, par ailleurs, les discriminations multi-factorielles (soit on est femme, soit on est noir, soit on est musulmane, soit on est lesbienne, etc.). Comment rendre compte dans un tel contexte des identités plurielles ? Quel rôle peut-être celui des associations en la matière ?
  • L’explication est peut-être à chercher du côté d’un racisme qui ne dirait pas son nom où dans le cadre de site ou d’application de rencontre (Grindr, etc.) la couleur de peau, l’origine ethnique devient l’objet d’un goût ou d’une aversion sexuelle. D’ailleurs, l’image sexualisée des personnes racisées, renvoyant au fantasme de l’exotisme, n’est pas sans rappeler ce que décrivait déjà Frantz Fanon dans Peau noire, masques blancs, concernant les logiques colonialistes à l’œuvre.

Or, si cela est une forme de racisme, le fait de la reprocher particulièrement aux LGBTQ+* n’est-ce pas exiger de leur part une exemplarité, sur le mode d’un idéal, qui se muerait alors en une forme de LGBTphobie ? Autrement dit, pourquoi les LGBTQ+ seraient-ils plus ou moins racistes que les autres ? Quels sont les enjeux pour les LGBTQ+ racisé.e.s ? Quelle place leur est laissée dans les structures militantes ? Le débat est ouvert…

Plusieurs intervenant.e.s présenteront brièvement le résultat de leur recherche de terrain afin d’engager la discussion avec la salle.