Sexualités des lieux et des liens

3ème biennale Masculins/Féminins

Publié le 16 novembre 2014 par Institut du Genre

16 et 17 décembre 2014

3ème Biennale Masculins/Féminins : sexualités des lieux et des liens


Les 16 et 17 décembre 2014


Angers

Alors que les deux premières biennales ont été principalement consacrées à la question du genre, il semble opportun, avec la 3e biennale Masculins/Féminins, organisée par l’UMR 6590 ESO à l’université d’Angers les 16 et 17 décembre 2014, de resserrer les questionnements sur un objet scientifique encore trop peu traité en France par les sciences humaines et sociales en général et la géographie en particulier, celui des sexualités.

En effet, lors de la seconde biennale notamment, organisée à Grenoble en 2012, de nombreuses présentations ont mis en évidence la perpétuation des effets de domination de genre et le rôle premier joué par l’hétéronormativité dans l’accès de tous à l’espace et à ses ressources et à la possibilité de se déplacer à différentes échelles. Ces différents résultats ont montré l’importance de questionner les rapports entre espace et sexualités de la manière la plus complète qui soit.

Si la sexualité est partout et tout le temps, relevant autant de l’extime que de l’intime, du politique que du biologique, elle n’est le plus souvent étudiée que sous l’angle de la norme et de la déviance. Pourtant, philosophes, psychanalystes, sociologues, historiens ont depuis de nombreuses années montré le caractère essentiel de l’expression sexuelle dans la construction des réalités sociales. Et si toutes les sociétés ont produit des formes de coercition du plaisir, car s’il n’y a pas de société sans sexualités, il n’y a pas de société sans contrôle de celles-ci, il reste largement à étudier les modalités que ces formes prennent aujourd’hui (mariage, hétéronormativité, domination masculine, discriminations diverses, etc.).

Force est de constater que la recherche, notamment en géographie, s’est assez peu intéressée jusqu’à présent aux comportements et aux différences sexuels dans leur rôle explicatif, surtout si l’on compare aux indicateurs plus « classiques » (sociaux, démographiques, économiques, etc.). Bien qu’on note une incontestable et très encourageante évolution depuis quelques années, les connaissances demeurent lacunaires sur les sexualités dans leur rapport à l’espace, et pas seulement dans les pays du Sud où l’information est souvent manquante. Elles restent encore très corrélées aux réflexions sur les discriminations, les violences et les déviances, alors qu’une lecture scientifique désengagée des idéologies normatives permettrait certainement d’analyser efficacement les résistances collectives aux diversités sexuelles. Par ailleurs, nous sommes fortement convaincus que l’espace et les lieux comptent pour expliquer les comportements sexuels et la fabrique des identités sexuelles, et leur évolution permanente.

C’est pourquoi, le moment semble propice pour organiser un événement scientifique majeur qui vienne corriger les visions dominantes de l’espace, notamment urbain, s’attaquer aux lieux communs, et qui rende davantage visibles les recherches menées, ici ou ailleurs, par les chercheur.e.s confirmée.e.s comme par les plus jeunes, sur les relations entre sexualités et espace, ce qui constituera le premier rendez-vous important sur ce thème dans la géographie française. Ce colloque international qui articulera séances plénières et ateliers, a plusieurs objectifs : contribuer à la reconnaissance scientifique, nationale comme internationale, des études sur les sexualités en France et montrer leur diversité, faciliter la coordination institutionnelle de ces recherches et engager de nouvelles coopérations, promouvoir et rendre visibles l’apparition de nouvelles thématiques ainsi que les approches transversales au sein des sciences humaines et sociales.

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