Les informaticiennes, de la dominance de classe aux discriminations de sexe

Conférence

Publié le 6 novembre 2015 par Equipe GIS IdG

Colloquium d’Informatique de L’UPMC Sorbonne Universités

Les informaticiennes, de la dominance de classe aux discriminations de sexe

Isabelle Collet, Université de Genève
Tuesday 24 November 2015 6:00 PM
Amphi 25 Université Pierre et Marie Curie (Jussieu Campus)

Isabelle Collet est informaticienne de formation. Elle a soutenu en 2005 un doctorat en sciences de l’éducation à l’Université Paris-Ouest Nanterre La Défense sur « La masculinisation des études d’informatique ». Elle est maintenant Maître d’enseignement et de recherche sur les questions de Genre et éducation à la section des sciences de l’éducation de l’Université de Genève. Elle a publié en 2006 «  L’informatique a-t-elle un sexe ? » aux éditions L’Harmattan qui a reçu un prix de l’Académie Française des sciences morales et politiques.
Après avoir beaucoup travaillé sur la question du genre dans les sciences et techniques, elle explore maintenant les questions de mixité à l’école, en particulier la mise en œuvre d’une co-éducation entre garçons et filles dans toutes les disciplines scolaires.
Abstract

Descriptif
Les femmes sont actuellement minoritaires dans la discipline informatique. Toutefois, elles sont tout de même suffisamment nombreuses pour qu’on ne puisse pas les considérer comme des exceptions. Se saisissant de l’idéologie de l’universel républicain qui leur promet l’égalité entre les sexes, les informaticiennes ne se voient pas comme des pionnières. C’est d’autant plus vrai que l’histoire de la discipline nous montre que leur représentation a fortement diminué depuis les années 70. Souvent issues des classes sociales aisées, en position scolaire haute, elles se considèrent comme tout à fait à leur place en informatique. En outre, les représentations genrées de la discipline autorisent une certaine latitude d’interprétation : l’informatique sort du cadre de la représentation classique ce qu’est un métier traditionnellement masculin.

A l’école, elles peuvent occulter le sexisme tant que leurs résultats sont suffisamment bons. Mais une fois confrontées à une forte concurrence professionnelle, elles ne savent pas décrypter les signaux des rapports sociaux de sexe et réagissent par une auto-accusation à un système qui les discrimine.