La répression des homosexuel-le-s pendant la Seconde Guerre Mondiale en France

Publié le 11 octobre par Equipe GIS IdG

La répression des homosexuels pendant la Seconde Guerre Mondiale
en France - Une mémoire controversée devenue objet d’histoire
Jeudi 13 et vendredi 14 octobre à Paris

Journée d’étude, avec une soirée inaugurale, le jeudi 13 organisée par Les "Oublié-e-s" de la Mémoire Association Civile Homosexuelle du Devoir de Mémoire.

Journée d’étude placée sous le haut-patronage de Monsieur Jean-Marc Todeschini, secrétaire d’Etat à la Défense, chargé des Anciens Combattants et de la Mémoire, cette rencontre est soutenue par le Ministère de la Défense (Direction de la Mémoire, du Patrimoine et des Archives), la Réserve parlementaire et la ville de Paris. L’action est coordonnée en partenariat avec la Fondation pour la Mémoire de la Déportation.

Depuis une dizaine d’années, la répression des homosexuels durant la Seconde Guerre mondiale s’est imposée en France comme objet scientifique. Historiens, sociologues ou juristes traitent d’un thème que les militants homosexuels ont longtemps seuls porté.
Les premiers travaux visaient à établir la réalité d’une déportation de France pour motif d’homosexualité. Les recherches révèlent aujourd’hui la variété des mesures répressives prises en zone occupée, en Alsace-Moselle mais aussi sur le territoire du Reich, à l’encontre de Français dont les pratiques sexuelles étaient jugées « contre-nature », celles-ci ne conduisant pas toujours, à proprement parler, à une déportation. Autre spécificité à souligner : le cas français ne peut être correctement appréhendé sans prise en compte de sa dimension transnationale, notamment parce qu’il tire pour partie ses origines dans l’Allemagne des années 1930. Pourquoi, comment et dans quelles mesures ces personnes ont été inquiétées en raison de leur préférence sexuelle ? Telle sera la première série d’interrogations auxquelles cette journée d’étude tentera de répondre.

La question du nombre de personnes visées, en particulier, a longtemps focalisé – et retient toujours en vérité – largement l’attention parce qu’elle constitue pour beaucoup d’acteurs (militants homosexuels, associations de déportés ou pouvoirs publics), un élément déterminant pour la commémoration de cette catégorie de victimes. Si la déportation pour motif d’homosexualité est officiellement reconnue en France depuis le milieu des années 2000, elle demeure toujours sujette à caution pour certains. C’est que le processus de construction mémorielle a été long, complexe, parfois hasardeux. Quelles en ont été les grandes étapes et les figures marquantes ? Que représente aujourd’hui cette mémoire pour le milieu homosexuel ? Autant de questions qui guideront les débats durant lesquels histoire et mémoire seront fortement imbriquées.

Comité scientifique de pilotage de la journée d’étude :
Arnaud Boulligny (chercheur à la FMD, chargé de la coordination scientifique), Gaël Eismann (Maîtresse de conférences en histoire contemporaine de l’université de Caen, CRHQ), François Rouquet (Professeur d’histoire contemporaine à l’université de Caen, CRHQ), Jean Vigneux (professeur d’histoire contemporaine à l’université de Bourgogne, MSH de Dijon), Serge Wolikow (professeur émérite d’histoire contemporaine à l’université de Bourgogne, MSH de Dijon, président du Conseil Scientifique de la FMD).

PROGRAMME

Jeudi 13 octobre 2016, Mairie du IVème arr. de Paris, (salle des mariages)

Soirée inaugurale : Pierre Seel (1923-2005), déporté pour motif d’homosexualité

18h15 Accueil

18h30 Projection : extraits du Témoignage de Pierre Seel (USC Shoah Foundation, 1996)

19h La médiatisation du témoignage de Pierre Seel : aveu et subjectivation
par Isabelle Gavillet (Université de Lorraine)

19h45 Qui était vraiment Pierre Seel ?
Echanges avec Hervé Hirigoyen (Les "Oublié-e-s" de la Mémoire), et Christian de Leusse (Mémoires des Sexualités)

Vendredi 14 octobre 2016 Hôtel de Ville de Paris (Grand auditorium)

MATIN

9h Accueil des participants

9h30 Allocutions d’ouverture

10h Introduction par Arnaud Boulligny (Fondation pour la Mémoire de la Déportation)

10h15-12h Le statut des homosexuels dans l’Europe occidentale sous domination allemande : Allemagne, France, Suisse
Président de séance : Jean Vigreux (Université de Bourgogne)

La répression de l’homosexualité en Allemagne sous le nazisme (1933-1945) : discours, mises en œuvre, bilan
par Florence Tamagne (Université de Lille III)

L’homosexualité en France à l’ombre de la guerre (1930-1960)
par Julian Jackson (Université Queen Mary de Londres)

L’homosexualité dans le droit pénal suisse : au croisement des logiques juridiques allemandes et françaises
par Thierry Delessert (Université de Lausanne et Université Libre de Bruxelles)

APRÈS-MIDI

14h-15h45 La répression pour homosexualité en France : état des lieux
Présidence de séance : Gaël Eismann (Université de Caen)

La déportation de France occupée pour motif d’homosexualité : une ’fameuse légende’ ?
par Arnaud Boulligny (Fondation pour la Mémoire de la Déportation)

Typologie et chronologie de la répression de l’homosexualité en Alsace annexée (1940-1945)
par Jean-Luc Schwab (Université de Haute-Alsace)

La répression judiciaire de l’homosexualité en territoire annexé (Alsace, Moselle), 1940-1944
par Frédéric Stroh (Université de Strasbourg et Centre Marc Bloch à Berlin)

15h45-16h Pause

16h-17h45
La construction mémorielle d’une déportation pour motif d’homosexualité
Président de séance : François Rouquet (Université de Caen)

L’écriture de "l’histoire gay". Guy Hocquenghem et la déportation homosexuelle
par Antoine Idier (Université d’Amiens et ENSAPC)

"Homocauste" : un passé qui ne passe plus
par Mickaël Bertrand (Professeur d’histoire-géographie, Académie de Dijon)

Monuments et formes de commémorations des homosexuel-le-s en Europe
par Régis Schlagdenhauffen (EHESS – Paris)

17h45-18h
Conclusion par Serge Wolikow
(Université de Bourgogne, président du conseil scientifique de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation)

Déroulé de la journée d’étude non définitif, sujet à modification