Mobilités féminines et métiers du « care » en Méditerranée. Trajectoires et territoires

Contrat doctoral

Publié le 30 mars par Equipe GIS IdG

Contrat doctoral

« Mobilités féminines et métiers du « care » en Méditerranée. Trajectoires et territoires ».

Groupe de Travail : « Mobilités »

La date limite d’envoi des dossiers de candidatures est fixée au mercredi 4 mai 2016 (inclus).

Description du Poste

Proposition de recherche :
La mondialisation des échanges, la tertiarisation des économies, l’accès croissant des femmes aux marchés du travail ont partout, loin de générer un recul du travail domestique et de care, donné lieu à une « mise en mobilité » des femmes et, dans une moindre mesure, des hommes pour subvenir à la demande mondiale de travail reproductif. Cette mise en mobilité intervient à différentes échelles : des migrations villes-campagnes aux migrations intercontinentales. Elle s’inscrit dans une dynamique plus globale de féminisation de la migration de travail qui concerne de nombreux secteurs économiques (travail en usine, travail du sexe, travail agricole, secteur du tourisme et du divertissement…).

Si les femmes migrantes domestiques ont fait l’objet de nombreuses études dans le champ de la sociologie et de l’anthropologie, une lecture spatiale de leurs dynamiques migratoires est encore rare. C’est ce à quoi le/la candidat/e devra s’employer, s’attachant à une approche globale des mobilités féminines à travers leurs multiples configurations scalaires et territoriales.

Cette étude aura lieu dans le contexte méditerranéen : zone de contrastes en termes de démographie et de richesses, traversée par des transformations multiples (crises économiques, crises politiques et guerres civiles, phénomènes de frontiérisation et d’intensification des flux), les pays du pourtour méditerranéen ont en commun des modèles familiaux spécifiques et des économies fortement tertiarisées dans lesquelles la demande de travail domestique et de soin est importante.

Une investigation des dynamiques spatiales des migrantes soulève notamment les questions suivantes :

  • Quelles pratiques spatiales de ces femmes dans les pays et ville d’accueil ? Comment recomposent-elles les espaces, et notamment les espaces publics et les espaces domestiques ? On pourra ici mobiliser les apports de la géographie urbaine et de la géographie féministe.
  • Quelles sont les échelles pertinentes pour analyser ces processus migratoires ? L’échelle nationale a été fortement remise en question avec le développement des études transnationales. Cette échelle a-t-elle réellement perdu de sa pertinence pour la compréhension des dynamiques migratoires ? Quid des échelles locales et micro-locales ? Quid des échelles transnationales (territoires en réseau, ou encore espaces virtuels fréquentés et animés par les migrantes) ?
  • Les trajectoires féminines et ce qu’elles nous disent de la dialectique mobilité/immobilité, des effets de frontières et de régulation, du rôle du « capital spatial » et des réseaux sociaux dans les trajectoires migratoires.

Du point de vue méthodologique nous souhaitons privilégier une lecture comparative : la recherche pourrait par exemple, selon les compétences du/de la chercheur/e, avoir lieu dans un pays du Sud de l’Europe et dans un pays du Proche-Orient. La comparaison pourrait avoir lieu également entre plusieurs groupes (par exemple les Philippines et les Sri-Lankaises).

La recherche sera qualitative (ethnographie, entretiens) mais des croisements avec les approches quantitatives (analyse de réseaux, traitement quantitatif des entretiens etc.) seront les bienvenus. L’utilisation de supports originaux pour la recherche (support filmique…) ou le développement d’entrées méthodologiques innovantes (analyse du web, recherche multi-située) pourront constituer des « plus » significatifs.

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