Représentations des pratiques sexuelles : de la modernité à la postmodernité

Publié le 7 septembre par Equipe GIS IdG

Atelier – Congrès 2017 des Sciences humaines – APFUCC (27 mai - 2 juin 2017)
Date limite pour l’envoi des propositions : 15 décembre 2016

Représentations des pratiques sexuelles : de la modernité à la postmodernité

« J’ai senti son sexe dur dans mon dos. Une pénétration douloureuse comme un grand coup de pied. Je l’ai trouvé discourtois de ne pas m’avoir d’abord demandé la permission de me pénétrer par là […] », écrit Régis Jauffret dans son roman intitulé « Sévère » et publié au Seuil en 2010. Nul doute qu’il n’est plus étonnant aujourd’hui de lire ce genre de scènes sexuellement explicites dans des œuvres littéraires. Il faut même dire qu’elles sont nombreuses. Qu’observe-t-on sur le plan des représentations des pratiques sexuelles dans les littératures, le cinéma et le théâtre de la modernité à la postmodernité ? D’Edmund White, Sarah Kane et Samuel R. Delany à Guillaume Dustan, Hervé Guibert, Éric Reinhardt et Michel Houellebecq, d’Annie Sprinkle, Abdellatif Kechiche et Gayle Rubin à Nelly Arcan, Guillaume Lambert, Catherine Millet et Virginie Despentes, comment raconte-t-on, non pas l’identité sexuelle et le désir, mais les pratiques sexuelles elles-mêmes ? Comment en rend-on compte textuellement ? Quelles figures stylistiques, quels plans, quelles mises en scène sont proposés ? Quels procédés littéraires, cinématographiques ou théâtraux sont utilisés ? Et quels sont les effets esthétiques produits par ces choix ?

Si plusieurs études portant sur la sexualité dans la littérature ont mis l’accent sur l’aspect identitaire et discursif, peu se sont consacrées uniquement aux représentations des pratiques sexuelles. Pour cette raison, dans cet atelier, nous centrerons la réflexion sur les pratiques sexuelles en tant que pratiques, et non sur les questions identitaires liées à la sexualité. Pat Califia, un militant des pratiques sadomasochistes et de la communauté queer, affirme d’ailleurs dans « Public Sex : The Culture of Radical Sex » que la pratique sexuelle a longtemps été considérée comme étant indicible et que les termes utilisés pour la décrire étaient vagues et se rapprochaient plutôt d’euphémismes (Califia, [1994] 2000). Grâce à cet atelier, nous souhaitons montrer l’actualité des représentations des pratiques sexuelles dans la recherche littéraire, cinématographique et théâtrale afin de voir comment, même si certaines pratiques y sont remises en cause, d’autres se transforment parfois en un acte de revendication, comme par exemple dans « Insurrections ! : en territoire sexuel » de Wendy Delorme : « Mon vagin qui accueille sa main, qui s’enveloppe autour de sa chair, lui dit que je nous recrée, moi Ève et lui Adam, même si on est nés tous deux d’anatomie femelle. C’est une autre histoire qu’on se raconte, celle des enfants sauvages qui ne signifient pas les organes comme les adultes le leur ont appris […] » (Delorme, 2009).

Cet atelier se veut l’occasion de réunir des chercheur.e.s, étudiant.e.s ou professeur.e.s, s’intéressant à décortiquer les représentations des pratiques sexuelles dans les littératures, le cinéma et le théâtre plus spécifiquement en France, au Québec et dans la Francophonie. Les communications pourront s’inscrire dans la perspective des théories du genre et queer, des études féministes, homosexuelles, lesbiennes, gaies, trans et hétérosexuelles.

Voici les thèmes qui pourraient être abordés :

  • Sadomasochisme, fétichisme
  • Chevillage, sodomie
  • Masturbation
  • Tribadisme, fist-fucking
  • Sexualité vanille
  • Pratiques pomosexuelles
  • Échangisme, candaulisme
  • Sexualité récréative
  • Sexualité orale
  • Violence, abus sexuel, inceste, viol
  • Zoophilie, bestialité
  • Ondinisme, scatophilie
  • Pornographies
  • Exhibitionnisme, voyeurisme
  • Sexualités à partenaires multiples

Cet atelier est organisé dans le cadre du colloque de l’Association des professeur.e.s de français des universités et collèges canadiens (APFUCC) au Congrès des sciences humaines du Canada, qui se tiendra à Toronto, à l’Université Ryerson, du 27 mai au 2 juin 2017. Merci d’envoyer les propositions de communications (250 mots) aux trois organisateurs de l’atelier :

  • Christina Brassard – christina.brassard@mail.utoronto.ca (Université de Toronto)
  • Christina Chung – chungsio@mail.utoronto.ca (Université de Toronto)
  • Guillaume Girard – Guillaume.P.Girard@usherbrooke.ca (Université de Sherbrooke)