Les sciences humaines et sociales face au foisonnement biographique

Innovations méthodologiques et diversité des approches

Publié le 19 octobre 2015 par Equipe GIS IdG

Les sciences humaines et sociales face au foisonnement biographique Innovations méthodologiques et diversité des approche

Colloque, EHESS, Paris,

10 et 11 mars 2016

Dans une société de plus en plus caractérisée par l’individuation et plus d’un demi-siècle après le retour en force de l’intérêt pour le discours des acteurs.trices en sciences sociales, un débat sur l’usage des données biographiques semble nécessaire.
À cette fin, il s’agira d’interroger le foisonnement biographique, le recueil et l’analyse des données allant d’un discours sur soi réalisé au jour le jour à un récit de vie davantage construit (voire rétrospectif), et cela que les biographies soient construites par un tiers ou qu’elles soient le résultat de la réflexivité de l’auteur.e sur sa propre vie. Le foisonnement biographique renvoie ainsi à deux mouvements conjoints : à la multiplication des discours de soi, sur un mode expressif (sur les réseaux numériques, mais aussi journaux intimes, autobiographies amateurs), ou sur une mode injonctif (aux guichets des institutions par exemple) d’une part, à la montée des approches et méthodes biographiques dans les sciences sociales et historiques d’autre part.

En effet, l’individuation (Beck, 1986 ; Dumont, 1983 ; Giddens, 1994 ; Taylor, 1989) en tant que processus s’accompagne d’une propension de plus en plus importante des acteurs.trices à se raconter. Les dispositifs de l’État social se fondent concrètement sur le postulat de l’empowerment, consistant à rendre l’individu « entrepreneur de sa propre vie » (Vrancken, 2008), et se traduisent dans le travail des professionnel.le.s du social par la prise en compte de la personne et de sa biographie (Astier, 2007 ; Duvoux, 2006). Se multiplient dès lors les lieux de parole et de mise en scène de soi, autour de la construction de « projets » (professionnel, de vie, de formation, de santé), réactualisant la question de l’« illusion biographique » (Bourdieu, 1986).

D’une part, ces espaces produisent des données mobilisables par les chercheur.e.s tout comme ils posent question sur la manière de les utiliser. D’autre part, l’entretien biographique utilisé dans la recherche peut être l’occasion pour les individus de mobiliser un ensemble de discours pré-fabriqués et pré-construits, ou, au contraire, de s’en distancier. Comment ces discours peuvent-ils migrer d’un contexte à un autre ? Quel rôle les réseaux sociaux jouent-ils dans la production de nouvelles formes de mise en scène de soi ?

Les récits de vie sont des narrations, des histoires personnelles et subjectives qui articulent les différents domaines de la vie, et qui peuvent révéler des bifurcations. Comment permettent-ils de comprendre des logiques individuelles situées dans des collectifs, des lieux, des mondes sociaux pour accéder aux logiques sociales de ces contextes et au-delà, aux processus sociaux (Bertaux, 1976, 2010, Collet & Veith, 2013, Cardon & Negroni, 2013) ? Les récits de vie invitent à redéfinir les frontières du privé et du public, et participent à la transformation des subjectivités. À la suite de la sociologie (Bertaux, 1981a) et de l’histoire, certaines disciplines comme les sciences de l’éducation ou la psychologie, se sont saisies de l’approche biographique non seulement comme d’un mode de recueil des données, mais aussi comme d’un outil d’intervention pédagogique et sociale (Delory-Momberger, 2000 ; Pineau,1983). Se pose dès lors la question de savoir quel dialogue peut être établi entre différentes disciplines autour des méthodes biographiques ?

- Les journées d’études qui se dérouleront à Paris (EHESS) les 10 et 11 mars 2016 seront particulièrement attentives au dialogue interdisciplinaire et aux innovations méthodologiques, que ce soit à travers les modes de production ou le type de données, ainsi qu’à leur croisement et à leur analyse.

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AAC complet


- 7 axes principaux seront privilégiés - voir programme ci- contre

Modalités de soumission
Les communications proposées sous la forme d’un résumé ne dépassant pas 3500 signes (espaces compris), en français ou en anglais, mentionneront les données sur lesquelles se fonde l’analyse, les approches méthodologiques et disciplinaires mobilisées et l’appartenance institutionnelle de l’auteur.e. Elles suggéreront un ou deux axes dans lesquels elles pourront s’inscrire et seront envoyées au format PDF à l’adresse suivante :colloquebiographies2016@gmail.com

Un/des atelier(s) sera/seront plus particulièrement réservé(s) aux étudiant.e.s-chercheur.e.s (master 1 et 2, doctorant.e.s en début de thèse) pour exposer et discuter leurs travaux.

Calendrier
Date limite d’envoi des propositions : 30 novembre 2015
Évaluation par le comité scientifique puis retour aux auteur.e.s : 15 janvier 2016
Date limite de rendu de la version écrite définitive (format article) : 28 février 2016
Dates du colloque : 10 et 11 mars 2016