Le féminisme en ligne

Publié le 31 mai par Equipe GIS IdG

Revue Réseaux

Le féminisme en ligne

De l’engagement individuel aux mobilisations collectives, le terme de féminisme recouvre des ensembles de mobilisations contre les oppressions dont les femmes sont victimes. Les mouvements féministes sont aujourd’hui étudiés par l’ensemble des sciences sociales, dans leurs développements militants et leurs conséquences politiques, sociales ou législatives. Or, les trois vagues du féminisme ont en commun de s’adosser à des époques spécifiques du développement des médias. C’est au temps de la presse populaire triomphante que le combat des suffragistes émerge dans l’espace public. Pour revendiquer le droit à disposer de leurs corps, les activistes des années 1970 jouent des relais de la presse magazine et expérimentent la vidéo. Caractérisées par la diversité des acteurs, des enjeux et des stratégies (Lamoureux 2006), la troisième vague contemporaine s’épanouit dans les nouveaux médias. Pour chacune des vagues, le féminisme s’empare de nouvelles technologies. On peut retracer cette chronologie pour montrer comment la troisième vague se place à la fois dans une continuité et en rupture avec les pratiques militantes antérieures.

C’est ce phénomène de la présence du féminisme sur les réseaux sociaux et dans l’espace du web que ce dossier se propose d’explorer. Le fait de travailler sur des « mobilisations en ligne » revient à envisager des formes diverses de médiations des actions : c’est l’ensemble des productions mises à disposition sur le web, mais aussi les mécanismes d’échanges des réseaux sociaux qui peuvent être analysés. La diversité des productions en ligne permet de travailler sur l’articulation, la concurrence et l’opposition entre textes, images et sons. De multiples pistes peuvent être explorées dans cette perspective. Des contributions sont aussi attendues sur les usages féministes des nouveaux médias : le cyberféminisme, les mobilisations transnationales via le net, mais aussi les ressorts spécifiques d’expression des luttes des femmes via le web. A la croisée des travaux sur les usages genrés des nouvelles technologies et sur les pratiques féminines d’écriture, on peut s’interroger sur l’espace de libre expression constitué par le monde virtuel, pour les femmes. Au-delà des espaces affichés comme lieu d’expression de la cause des femmes, ce dossier cherche à repérer la place des revendications féministes dans les sites et blogs de critique culturelle.

L’entrée par les nouveaux outils est également l’occasion de réinterroger la place du féminisme dans notre société, et celle des médias dans la circulation des représentations collectives : qu’est-ce que le nouvel espace ouvert par internet permet au féminisme ? En quoi reproduit-il les schémas de la domination masculine ? Le web est parsemé d’espaces d’initiation pour les jeunes : quelle est la place des idées féministes dans les modèles qui circulent ?

Calendrier
Les textes attendus au plus tard le 1er octobre 2016 sont à adresser à : aurelie.bur@enpc.fr
Publication prévue : Avril 2017
Nombre de signes : 60 000

Comité de lecture
Directeur
FLICHY Patrice Professeur de sociologie – Emérite Université Paris-Est Marne-la-Vallée


Comité de rédaction

  • CARDON Dominique Sociologue - Chercheur associé CNRS LATTS
  • DONNAT Olivier Chargé d’études et recherches (Publics/Transmission) Ministère de la Culture et de la communication, Département des études, de la prospective et des statistiques (DEPS)
  • LICOPPE Christian Professeur de Sociologie ENST, Département EGSH
  • PARASIE Sylvain Maître de conférences en sociologie Université Paris-Est Marne-la-Vallée
  • PARIS Thomas Chargé de recherche CNRS/CREG – HEC
  • PASQUIER DominiqueDirectrice de recherche CNRS / ENST – Département EGSH
  • RALLET Alain Professeur de Sciences Economiques Directeur de l’ADIS Paris Sud XI
  • REBILLARD Franck Professeur de sciences de l’information et de la communication Paris III
  • VOIROL Olivier Maître assistant Université de Lausanne, Faculté des sciences sociales et politiques ; Institut de sociologie des communications de masse (ISCM)