Genre, âges, générations, vieillissement

Publié le 26 janvier par Equipe GIS IdG

Appel à communications

Genre, âges, générations, vieillissement

Journée d’études « Actualité des études de genre »

Dijon, le 20 mai 2016
Université de Bourgogne-Franche-Comté,
Centre Chevrier,
UMR-CNRS 7366

Les études de genre connaissent désormais un régime de croisière en matière de recherches. On ne compte plus les colloques, publications sous toutes leurs formes (y compris la mise à disposition de synthèse ou de manuels), sans même parler de l’intégration de cette dimension genrée dans les politiques publiques, en particulier dans les institutions européennes.

Le genre comme catégorie d’analyse des réalités sociales a largement conquis droit de cité dans les disciplines des sciences humaines. Néanmoins, il reste encore beaucoup à préciser sur le rôle que le genre joue dans les travaux et les élaborations théoriques en relation avec d’autres dimensions des dominations. Cette journée d’études se propose de faire le point sur les études de genre articulées avec la question des âges de la vie, et plus particulièrement du processus de vieillissement. En effet, si l’attention a commencé à produire des connaissances plus fines dans l’articulation avec les rapports de classes ou encore les discriminations ethniques, la dimension proprement temporelle de l’évolution combinée des oppressions propres au genre et aux générations apparaît comme une piste de recherches moins explorées à ce jour. Comment le genre impacte-t-il le « tourbillon de la vie »1 c’est-à-dire la redéfinition des temporalités et des conditions de vie des différentes périodes qui marquent l’existence (enfance, adolescence, âge adulte, grand âge, etc.) ?

Dans une perspective intersectionnelle combinant ces deux dimensions (genre et âge/génération), nous souhaitons faire le point sur les travaux des différentes disciplines des sciences sociales sur la manière dont le genre impacte les relations de générations et, en retour, comment les relations d’âges (en particulier sous l’angle, mais pas exclusivement, du vieillissement) configurent (ou reconfigurent) les rapports de genre.

À titre indicatif, les propositions de communication pourront s’inscrire en particulier dans l’un des axes suivants.

Genre, âge et vieillissement
Quels sont les effets combinés du genre et de l’âge, en particulier du vieillissement ? Quelles expériences résultant du genre caractérisent la jeunesse, l’âge adulte ou le grand âge ? Comment comprendre les évolutions contemporaines des âges de la vie, notamment les grandes périodes de transition comme l’adolescence ou l’entrée dans la vie adulte au prisme du genre ? Comment les caractériser aujourd’hui ? Si les études des effets du vieillissement se développent auprès des femmes, ce « biais viricentré »2 tend à occulter le cas des hommes. Qu’en est-il pour leur part ? Comment les rapports de genre marquent-ils des moments clés tels que le départ en retraite ou encore la perte d’autonomie et l’avancée dans le très grand âge ? Comment ce surcroît de temps libre est-il employé selon le sexe ? Aider ses proches, s’investir dans la sphère publique (partis, associations, syndicats, …) s’agit-il de comportements également partagés entre les femmes et les hommes ? Quels sont les effets du genre sur le veuvage ?

On pourra également s’intéresser aux entourages (familles, amis, aidants-soignants, …) et à leur influence sur la construction des rapports sociaux de sexe. Par exemple, la place historiquement centrale des femmes au sein de la famille influence-t-elle les décisions de placement en institution de soin ? Leurs relations plus fortes avec les enfants retardent-elles le placement en maison de retraite ? Qu’en est-il pour les hommes ? Peut-on identifier des effets sexués quant aux pathologies de vieillissement (Parkinson, Alzheimer, cancers, …) et leur prise en charge ?

Genre et génération
Il est une idée répandue : les rapports de genre seraient plus « égalitaires » ou du moins, moins déséquilibrés, dans les générations les plus récentes. Ainsi, par exemple, certains contestent les études consacrées au partage des tâches domestiques et éducatives, révélant le surinvestissement des femmes au motif qu’elles dissimuleraient la question des « générations ». Qu’en est-il en réalité ? Peut-on distinguer des rapports de genre spécifique dans chaque génération ? Peut-on dresser des « parcours de vie » typique suivant les générations et les sexes ? Existe-t-il des effets genrés de l’entrée sur le marché du travail en contexte favorable (comme dans la période des Trente Glorieuses) ou plus difficile (depuis les années 1980-1990, par exemple) ?

Quelles relations entretiennent les différentes générations entre elles ? Dans quelle mesure le genre interfère-t-il dans ces liens entre aînés et cadets ? On pourra ainsi questionner les représentations qui sous-tendent l’idée d’une redéfinition des rapports de genre au fil des générations successives : l’égalisation des conditions d’existence est-elle inéluctable ? D’où proviennent ces croyances ?

Enfin, qu’advient-il du genre lorsqu’on croise les différentes périodes de la vie au prisme des générations ? Concernant par exemple les évolutions des conditions d’existence à l’adolescence, à l’âge adulte ou au grand âge, peut-on identifier un effet générationnel chez les hommes et chez les femmes ? Cet effet générationnel rapproche-t-il les comportements des hommes de ceux des femmes, atténue-t-il les rapports de genre ou bien les conforte-t-il pour chaque temps de la vie ?

- Nous accueillerons les propositions autour de ces deux axes permettant de faire le point sur les travaux en cours.

- Les propositions de communication de 1500-2000 signes sont à envoyer aux organisateurs (Maud Navarre et Georges Ubbiali) au plus tard le 29 février 2016.

Adresses mail pour envoi des propositions :

  • mnavarre@laposte.net
  • g.ubbiali@free.fr

- Choix des propositions : mi-mars.

La version écrite des communications devra être transmise aux organisateurs pour le 13 mai 2016, dernier délai. Elles comprendront entre 30000 et 35 000 signes maximum.

La Journée d’études se déroulera le vendredi 20 mai à l’Université Bourgogne-Franche-Comté à la MSH de Dijon.