Désir et sexualités non normatives au Maghreb et dans la diaspora

Revue de la Coordination internationale des chercheurs sur les littératures du Maghreb

Publié le 7 décembre 2015 par Equipe GIS IdG

Expressions maghrébines

Revue de la Coordination internationale des chercheurs sur les littératures du Maghreb

www.ub.edu/cdona/em

Vol. 16, no 1, été 2017 : Appel à articles

Désir et sexualités non normatives au Maghreb et dans la diaspora

Dossier coordonné par Domingo Pujante González

Date limite de soumission des articles :30 juin 2016

Parution : juin 2017

Les pays méditerranéens et, plus particulièrement, maghrébins représentent traditionnellement, dans les imaginaires collectifs, des territoires propices à l’érotisme, souvent exotique, voire à l’homoérotisme –plus ou moins caché ou accepté socialement selon les contextes. Néanmoins, ce sont des sociétés où perdure une longue tradition d’interdits et de refus. Cette situation concerne tout particulièrement l’expression des sexualités non normatives, plurielles ou « marginales ». Cette réalité va de pair avec un grand manque de revendications sociales et de visibilité des mouvements associatifs LGBT.

Cette complexité socio-politique fait que la création littéraire, cinématographique et artistique directement liée aux sexualités dites minoritaires, ou traitant de sujets en relation directe avec l’homosexualité ou la transsexualité, continue d’être assez anecdotique, voire presque inexistante dans les expressions maghrébines d’Afrique, un peu moins dans celles de ses diasporas.

Cependant, dans les dernières années, plusieurs auteurs maghrébins ou d’origine maghrébine, ainsi que des chercheurs de tous horizons (Khalid Zekri, Jean Zaganiaris, entre autres), ont montré un intérêt particulier pour ces thématiques et ont commencé à se faire une place dans la production artistico-littéraire et dans les études culturelles et de genre. Franck Chaumont, qui a été rédacteur en chef à la station de radio Beur FM, montrait déjà dans Homo-ghetto. Gays et lesbiennes dans les cités : les clandestins de la République (2009) toute une série de témoignages poignants rendant compte des difficultés et des discriminations des homosexuels des cités. De son côté, Brahim Naït-Balk, d’origine marocaine, raconte son parcours difficile dans Un homo dans la cité. La descente aux enfers puis la libération d’un homosexuel de culture maghrébine (2009). Ilmann Bel, d’origine algérienne et jouant dans la série gay Beurs Appart’ (2007) et dans certains films de Jean-Daniel Cadinot, raconte dans son roman Un mauvais fils (2010) les difficultés rencontrées par un jeune homosexuel pour sortir d’une vie de fils d’immigrés vouée à l’échec et aux stéréotypes.

Dans ce domaine mouvant et transfrontalier des sexualités non normatives, force est de reconnaître l’importance d’écrivains marocains comme Mohamed Leftah, Rachid O. ou Abdellah Taïa, sans oublier le Franco-Tunisien Eyet-Chékib Djaziri et, dans le contexte franco-algérien, Nina Bouraoui et son exploration de l’identité homosexuelle au féminin, ou la figure de la transsexuelle Marie-Pierre Pruvot (Bambi). En ce qui concerne le cinéma, les sexualités « marginales » sont au centre des préoccupations de plusieurs réalisateurs maghrébins, du Franco-Algérien Nadir Moknèche aux Tunisiens Mehdi Ben Attia et Nouri Bouzid ou à la réalisatrice et militante franco-tunisienne Nadia El Fani.

Dans ce dossier, nous envisageons donc de nous pencher sur ces auteurs et sur ces productions culturelles pour éclairer le rapport des sexualités non normatives à la création dans le contexte maghrébin ou des diasporas. Nous proposons d’analyser ce corpus dans sa relation aux revendications politiques et à l’engagement social et associatif, en intégrant des notions propres aux études culturelles et postcoloniales et/ou à la théorie queer. Nous suggérons également de porter une attention toute particulière aux auteurs liés aux communautés LGBT et/ou plaçant celles-ci au centre de leurs œuvres. D’autres travaux sur les témoignages par le biais des nouveaux espaces et/ou modes d’expression et d’interaction, comme les blogs, les sites web, les réseaux sociaux, etc., sont également les bienvenus.

Nous invitons des contributions en dialogue avec les axes de recherche suivants :

  • les sexualités non normatives et le renouveau des récits autobiographiques
  • l’appropriation et l’exploration du corps trans-identitaire et/ou queer
  • les espaces ou la topographie du désir non normatif
  • le renversement des rapports hiérarchiques des sexes dans les sociétés maghrébines
  • les sexualités « marginales » et le religieux
  • les effets croisés ou l’ « intersectionnalité » des rapports ethniques, de classe, de genre et de sexualité

Les articles ne devront pas dépasser 40.000 signes, espaces inclus (6.000 mots environ). La ponctuation, les notes et les références doivent être conformes aux normes appliquées par la revue : http://www.ub.edu/cdona/em#guide

Les demandes de renseignements complémentaires et les articles complets doivent être adressés par courrier électronique à la Présidente du comité scientifique à : expressions.magrhebines@ub.edu

La section Varia de la revue maintient toujours un appel à articles (sans date limite de soumission) concernant les cultures maghrébines : littérature, cinéma, arts...