De la pratique à la science : renouveler les récits sur les femmes en Haïti

Publié le 18 janvier par Equipe GIS IdG

De la pratique à la science : renouveler les récits sur les femmes en Haïti
Première Conférence internationale et interdisciplinaire haïtienne de recherche sur le genre", Port -au-Prince, 28-29 avril 2016

Appel à communications

Comité organisateur : Darline Alexis (Université Quisqueya), Denyse Côté (Université du Québec en Outaouais), Sabine Lamour (Université Paris VIII et Université d’État d’Haïti) Profondément marquée par les intérêts géostratégiques de puissances mondiales, Haïti fait encore aujourd’hui l’objet de récits divergents qui ont en commun leur androcentrisme avéré. Toujours actives avant et pendant la période coloniale, lors de la Révolution et, suite à celle-ci, les femmes haïtiennes ont en effet souvent été reléguées au silence (Trouillot 2001 ; Manigat, 2001 ; Chancy 1997), et au stéréotypage misérabiliste ou encore de type poto mitan, madan sara. Or le mouvement féministe haïtien a généré depuis le siècle dernier un contre-discours, des mobilisations, des interventions et des recherches sur les femmes haïtiennes (Magloire et al., 2005 ; Manigat, 2002 ; Merlet, 2002 ; Charles 1995, Sylvain-
Bouchereau 1957 ; LFAS, 1954). La pensée, la recherche et les actions féministes ne sont donc pas nouvelles en Haïti. Elles ont permis la mise en place d’un Ministère à la condition féminine, qui, à son tour, a généré des réformes et des politiques publiques (Haïti 2014, 2011). Les recherches et analyses portant sur l’égalité femmes-hommes ont été nombreuses, avant et après le séisme de 2010 (Joachim, 2012 ; Neptune-Anglade, 1986).

De plus, les forces militaires présentes suite au séisme, les institutions et organisations nongouvernementales internationales ont adopté une approche genre, conduit des enquêtes, proposé des formations et intervenu auprès des femmes, méconnaissant trop souvent cependant l’histoire, la culture et les dynamiques proprement haïtiennes. Elles ont produit des analyses centrées sur les normes internationales, focalisées sur leurs mandats propres ou encore sur certains aspects particuliers de la réalité des femmes haïtiennes : taux d’analphabétisme ou d’extrême pauvreté, faiblesse des institutions nationales ou santé génésique par exemple.
Cette Conférence universitaire en sol haïtien aura pour but la mise en valeur des recherches sur le genre et sur les femmes issues tant du mouvement féministe, des dispositifs internationaux, que des ministères et des universités. Il s’agira de réfléchir à partir de paradigmes ancrés dans la réalité haïtienne tout en s’inspirant des traditions intellectuelles qui l’ont marquée : la culture créole, la tradition francophone et, secondairement, les traditions anglophone, hispanophone ou lusophone et panafricaine. Nous invitons à cet effet des propositions issues de la Caraïbe, là où les Études sur le genre et les Études féministes sont émergentes ou encore là où elles sont déjà ancrées (Reddock 2004 ; Barriteau, 2015, 2001). Ceci afin entre autres de cerner les particularités ainsi que les convergences propres à chaque île et à chaque trajectoire de colonisation. Nous invitons par la même occasion les chercheur/es issu/es d’autres régions du globe, ayant le français en partage, dont les travaux théoriques ou empiriques pourront alimenter cette réflexion.

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De la pratique à la science : renouveler les récits sur les femmes en Haïti

- Les propositions de communication seront déposées à l’adresse du secrétariat de la Conférence (conferencegenrehaiti2016@gmail.com) au plus tard au 19 février 2016. Ils pourront être rédigés en français ou en créole. D’une longueur maximale de 250 mots, elles comprendront une brève description de l’objet (théorique et/ou empirique) ainsi que des méthodologies retenues. Ces propositions seront évaluées par le comité scientifique qui transmettra notification de l’acceptation le 4 mars 2016.

- Cette conférence est rendue possible grâce à l’appui de l’Université Quisqueya (UniQ) en partenariat avec l’Université du Québec en Outaouais (UQO) et son Observatoire sur le développement international et l’analyse différentiée selon les sexes (ORÉGAND), ainsi que grâce à l’appui financier de l’Agence interuniversitaire de la Francophonie (AUF) Bureau Caraïbe.

- Des actes de colloque seront publiés suite à la Conférence. Les textes soumis feront l’objet d’une évaluation scientifique. Les modalités de soumission circuleront sous peu.