ATELIER FEMINISME DECOLONIAL

Appel à contributions

Publié le 18 avril par Equipe GIS IdG

Appel à contributions

ATELIER FEMINISME DECOLONIAL

Ecole d’été « Philosophies européennes et décolonisation de la pensée », 23-27 aout 2016
Université de Toulouse II – Jean Jaurès (France)

Renseignements : http://europhilomem.hypotheses.org/3414

Responsable scientifique de l’atelier : Hourya Bentouhami

Cet atelier s’interrogera sur les mobilisations et les théorisations qui permettent de repenser le féminisme dans une perspective décoloniale contre la colonisation du genre (Maria Lugones, 2007), en prenant en compte les interventions et reformulations opérées par les minorités, souvent issues des anciens territoires coloniaux. Il nous semble utile de revenir sur la déconstruction de la « blanchité » (Cheryl Harris) au sein même du féminisme, si l’on entend par blanchité l’impensé qui structure la neutralité universaliste du féminisme institutionnel et, plus généralement, des histoires nationales. On interrogera ainsi les pratiques dites de l’empowerment en mettant en question une approche universaliste biaisée qui prendrait en charge « la cause des Autres » en oubliant d’interroger sa propre position de pouvoir. Depuis l’article fondateur de Kimberlé Crenshaw sur l’intersectionnalité (1989) – aujourd’hui très discuté (Elsa Dorlin, 2012 ; Sirma Bilge, 2015)-, on pourra s’interroger sur les imbrications des dominations mais également des privilèges dans une perspective qui prenne en compte la division internationale – raciale et sexuelle – du travail ainsi que les nouvelles formes d’impérialisme militaire et économique (Jules Falquet, 2008). Contre un féminisme qui renoue avec une forme de maternalisme politique en s’adressant exclusivement aux femmes de couleur qu’elles victimisent, on cherchera ainsi à mettre en évidence les expériences de dépossession des corps, des croyances mais également les expériences de recomposition, de résistance et de création alternative des corps subalternisés (Guénif-Souilamas, 2004). Par exemple, pourront être convoqués les savoirs situés et les formes de conscientisation politique développés par les féminismes indigènes (Gloria Anzaldua, 1987) pour renouer avec un rapport authentiquement autonome à la nature, au travail, aux croyances et aux autres (Vandana Shiva, 1988 ; Fatima Mernissi, 1983).

  • ANZALDUA Gloria, « La conscience de la mestiza. Vers une nouvelle conscience » (1987), Théories féministes et queer décoloniales, Paris, Les Cahiers du CEDREF, 2011
  • BILGE Sirma, « Le blanchiment de l’intersectionnalité », Paris, Recherches féministes, 2015
  • CRENSHAW Kimberlé, « Cartographies des marges : intersectionnalité, politiques de l’identité, et violences contre les femmes de couleur » (1989), Paris, Cahiers du genre, 2005
  • DORLIN Elsa, « L’Atlantique féministe. L’intersectionnalité en débat », Papeles del CEIC, En ligne, 2012
  • FALQUET Jules, De gré ou de force. Les femmes dans la mondialiastion, Paris, La dispute, 2008
  • HARRIS Cheryl, « Whiteness as Property », Harvard Law Review, 1993
  • GUENIF-SOUILAMAS Nacira, Les féministes et le garçon arabe, Paris, L’Aube, 2004
  • LUGONES Maria, « The Colonial Difference and the Coloniality of Gender », En ligne, 2007
  • MERNISSI Fatima, Sexe, idéologie, Islam (1983), Casablanca, Le Fennec, 1985
  • SHIVA Vandana, Staying Alive : Women, Ecology and Development, Londres, Zed Books, 1989

- Participation aux ateliers

Envoyer avant le 31 mai 2016 dernier délai à l’adresse suivante : philosophie.et.decolonisation@gmail.com

  • 1. Un titre de communication
  • 2. Un résumé de 10 lignes de la communication
  • 3. Un court CV d’une demi-page

- Langues de communication : français, anglais, espagnol, italien.

- Toutes disciplines.

- Votre proposition sera évaluée par le comité scientifique de l’École d’été. Vous recevrez au plus tard le 10 juin un mail de confirmation.

- Dans la mesure du financement acquis et des places disponibles, les étudiants et jeunes chercheurs bénéficieront d’une aide à la mobilité et/ou d’un accueil en résidence universitaire.

- Durée de chaque communication : 20 mn maximum. Chaque communication sera suivie d’un échange avec la salle modéré par le ou les responsables scientifiques de l’atelier.