Après Carmen : le mythe érotique espagnol dans la création francophone contemporaine (1975-2016), évolution et continuité

Publié le 21 décembre 2015 par Equipe GIS IdG

Après Carmen : le mythe érotique espagnol dans la création francophone contemporaine (1975-2016), évolution et continuité

23-24 juin 2016
Universidad Complutense, Madrid, Espagne

La figure de Carmen, popularisée par Prosper Mérimée (1845), Théophile Gautier (1845) et Georges Bizet (1875), incarne la fascination érotique exercée par la culture espagnole sur les artistes d’expression française à l’époque romantique. Au vingtième siècle, cet imaginaire est plus que jamais brûlant et transgressif dans le même temps qu’il se politise sous la plume d’écrivains comme Georges Bataille (Histoire de l’œil, 1928 ; Le Bleu du ciel, 1937) ou Jean Genet (Journal du voleur, 1949 ; Le Balcon, 1960) qui, s’ils les modernisent, reconduisent néanmoins les codes d’une perception stéréotypée, à la fois sulfureuse et dangereuse, de l’identité hispanique.

Tandis que les productions culturelles de la période romantique et celles issues de la guerre civile ayant trait à l’amour et au désir ont été abondamment étudiées par la critique (Pageaux 1996, 1998, 2003 ; Murcia 2004 ; Renaud 2008, 2010, 2011 ; Ortega 2012), les mutations plus récentes de ce que l’on peut appeler le « mythe érotique espagnol » n’ont pas encore été considérées dans leur diversité. Afin de comprendre les enjeux de l’évolution de cet imaginaire constitutif de la relation culturelle franco-espagnole, il est donc nécessaire d’étudier les mutations du pouvoir de fascination érotique exercé par l’Espagne dans les arts (littérature, musique, cinéma, bande dessinée, clip vidéo, théâtre, arts plastiques) d’expression française depuis la fin de la dictature franquiste (1975) jusqu’à aujourd’hui.

Que l’on pense aux romans de Claude Simon (Les Géorgiques, 1981 ; L’Acacia, 1989), de Michel Houellebecq (Lanzarote, 2000 ; La Possibilité d’une île, 2005) ou de Virginie Despentes (Apocalypse bébé, 2012), aux films de Cédric Klapisch (L’Auberge espagnole,2002), de Christophe Honoré (Ma Mère, 2004, adaptation relocalisant aux Canaries le roman de Bataille de 1954 situé à Paris) ou de Philippe Le Guay (Les femmes du sixième étage, 2011), ou encore à des chansons comme « La corrida » (Francis Cabrel, 1994) les formes et les visages de l’érotisme espagnol enfantés par la création d’expression française, s’ils perdurent et sont toujours aussi prégnants, ont en effet manifestement changé, fonction des transformations sociétales, politiques et culturelles qu’ont connu les deux pays.

Ce sont ces nouvelles manifestations révélatrices des mutations survenues tant dans la société espagnole que dans la perception francophone contemporaine que ces deux journées d’étude entendent interroger en réunissant des experts venant d’horizons culturels et de champs disciplinaires (littérature, arts de la scène, cinéma, musique, arts plastiques, bande dessinée) variés.

Les axes de recherche qui suivent seront privilégiés, mais l’exploration d’aspects connexes, notamment ceux élargissant la problématique au continent sud-américain, est également activement encouragée :

- Le mythe érotique espagnol dans la création francophone contemporaine (littérature, arts de la scène, cinéma, musique, arts plastiques, bande dessinée)

- Enjeux des politiques publiques et des relations internationales dans les représentations francophones de l’imaginaire érotique espagnol

- Traductions, transgressions et transformations des mythes érotiques – contexte franco-hispanique

- Genre, érotisme et création nationale et transnationale – contexte franco-hispanique

- Les constructions identitaires à l’épreuve de l’érotisme – contexte franco-hispanique

- Le genre des genres érotiques – contexte franco-hispanique

- Mythocritique érotique comparée dans le contexte de l’extrême contemporain – contexte franco-hispanique

- Création artistique et imaginaires érotiques transculturels – contexte franco-hispanique

Il est prévu qu’une sélection des communications soit publiée sous la forme d’un numéro spécial d’une revue spécialisée.

Les propositions de communication (300 mots maximum), accompagnées d’une courte biographie, sont à envoyer aux organisatrices avant le 16 février 2016 à l’adresse suivante : aprescarmen2016@gmail.com

- Les langues du colloque seront le français et l’espagnol.

Organisation :

  • Dr. Claire Lozier, Université de Leeds (Royaume-Uni)
  • Dr. Isabelle Marc, Universidad Complutense de Madrid (Espagne)