Appel à communications Le genre et la guerre IEA

Publié le 29 mars 2015 par Institut du Genre

Le genre et la guerre : Les femmes, la virilité, et la violence /
Gender and War : Women, Masculinities, and Violence

organisée par Brian Sandberg (IEA de Paris) and Marion Trévisi (Université de Picardie) : marion trévisi

à l’Institut d’Études Avancées de Paris
Hôtel de Lauzun, 17 quai d’Anjou, 75004 Paris
8 juin 2015

appel à communications / call for papers

This conference at the Institut d’Études Avancées de Paris will challenge the notion that warfare is an intrinsically masculine domain.

Warfare has often been conceived of as an essentially masculine sphere of human activity, but recent studies reveal that women have been much more intimately involved in military activities in the past. Women’s historians have examined emergence of female soldiers in modern armies, demonstrating the important roles that women played in combat, in army hospitals, in military logistical services, and on the home front. Scholars have excavated numerous examples exceptional “women warriors,” “strong women,” and cross-dressers, who waged warfare in various historical periods. Other scholars have explored the close connections between military cultures and bellicose forms of masculinity, which often shape broader nations and societies. The dynamics of war unleash sexual violence and gendered coercion, creating lasting physical wounds and psychological traumas for victims, perpetrators, and witnesses of violence. War has the potential to radically reshape gender relations within societies, altering gender roles, family structures, marriage patterns, labor practices, legal systems, and cultural attitudes. Gender studies that consider organized violence have often focused usefully on state breakdowns, social ruptures, and political transformations as key periods of change in gendered discourses.

The conference will employ a series of roundtables to present new research and pose new methodological questions on gender and warfare in European and World history from 1500 to the present. Gender studies by Natalie Zemon Davis, Sonya O. Rose, Karen Hagemann, Susan R. Grayzel, and others offer useful models for developing research on gender and war. Joshua S. Goldstein’s War and Gender : How Gender Shapes the War System and Vice Versa (Cambridge : Cambridge University Press, 2003) provocatively calls for scholars to examine “how gender shapes war and war shapes gender.” Participants in this conference will build on this challenge to confront gender and war by considering the possibilities of women’s agency in warfare and reexamining gendered categories such as women in war, disciplined bodies, combat and gender, masculine honor, campaign communities, military masculinities, wartime labor, aggression and emotions, sexual culture, sexual violence, military prostitution, mass rape, and broken bodies.

appel à communications / call for papers

Le but de cette journée d’études à l’Institut d’Etudes Avancées de Paris est de discuter la qualité intrinsèquement masculine de la guerre.

La guerre a été le plus souvent conçue comme une activité humaine essentiellement masculine mais de récentes études ont montré que les femmes ont été fortement impliquées dans les activités militaires du passé. Les historiens des femmes ont souligné l’émergence des femmes soldats dans les armées modernes, en démontrant les rôles importants qu’elles ont joué dans les combats, dans les hôpitaux militaires, dans les services logistiques de l’armée ou encore au front. Les chercheurs ont retrouvé dans les archives un grand nombre de “guerrière exceptionnelles”, de femmes fortes et de travesties qui étaient engagées dans des conflits à diverses périodes historiques. D’autres ont exploré les étroites connexions entre la culture militaire et les expressions belliqueuses de virilité qui façonnent souvent les grandes nations. Les dynamiques guerrières libèrent la violence sexuelle et une coercition de genre, en créant des blessures physiques pérennes et des traumas psychologiques pour les victimes, les auteurs et les témoins de cette violence. La guerre permet de changer radicalement les relations de genre dans les sociétés, en altérant les rôles sexués, les structures familiales, les modèles de mariage, les pratiques professionnelles, les lois et les attitudes culturelles. Les études de genre traitant de la violence organisée, se sont souvent et utilement, concentrées sur les contextes de coups d’état, de ruptures sociales et de bouleversements politiques, périodes clés de changement dans les discours de genre.

Cette journée d’étude se déroulera sous forme de tables rondes dans l’ambition de présenter de nouvelles recherches et de poser des questions méthodologiques inédites sur le genre et la guerre dans l’histoire européenne et mondiale de 1500 à nos jours. Les études de genre de Natalie Zemon Davies, Sonya O.Rose, Karen Hagemann, Susan R. Grayzel et d’autres, offrent des modèles utiles pour développer la recherche sur le genre et la guerre. Le livre de Joshua S. Goldstein, War and Gender : How Gender Shapes the War System and Vice Versa (Cambridge : Cambridge University Press, 2003), interpelle les chercheurs pour qu’ils examinent « comment le genre façonne la guerre et comment la guerre façonne le genre ». Les participants de cette journée d’étude profiteront de cette confrontation entre genre et guerre, en considérant les diverses possibilités d’intervention des femmes dans la guerre et en réexaminant les thèmes « genrés » tels que les femmes dans la guerre, les corps disciplinés, le combat et le genre, l’honneur masculin, les communautés de campagne, le travail en temps de guerre, les agressions et émotions, la culture et la violence sexuelles, la prostitution militaire, le viol de masse, et les corps brisés.