Mobiliser le genre dans le système éducation-formation : de l’objet de recherche dans les pratiques enseignantes en Education Physique et Sportive à l’outil d’analyse en milieu scolaire

Publié le 13 novembre par Heta Rundgren

La soutenance d’HDR de Sigolène Couchot-Schiex, le lundi 11 décembre 2017 à 14h à l’Université Lyon 2.

JURY
Chantal Amade-Escot : Professeure émérite en Sciences de l’éducation, Université Toulouse 2
Gilles Combaz : Professeur en Sciences de l’éducation, Université Lyon 2
Eric Debarbieux : Professeur en Sciences de l’éducation, Université Paris-Est Créteil
Eric Dugas : Professeur en Sciences de l’éducation, Université de Bordeaux
Farinaz Fassa-Recrosio : Professeure de Sociologie, Université de Lausanne
Nicole Mosconi : Professeure émérite en Sciences de l’éducation, Université Nanterre- La Défense

Je vous remercie de m’informer de votre présence à la soutenance et au pot qui suivra.

Sigolène Couchot-Schiex
sigolene.couchot-schiex[at]u-pec.fr

MCF Genre éducation formation
Education Physique et Sportive

Université Paris-Est Créteil
Axe Education et Prévention LIRTES EA 7313
ESPE de l’académie de Créteil

Présidente d’ARGEF-FRANCE
http://www.argef.org


Résumé :

Cette note de synthèse en sciences de l’éducation retrace l’évolution des usages du concept de genre dans mes travaux scientifiques, qui visent à mieux comprendre les pratiques enseignantes, en particulier en Éducation Physique et Sportive (EPS), les modalités de formation des enseignant·es ainsi que certains phénomènes participant à la socialisation genrée tels qu’ils s’immiscent dans l’espace scolaire. Le concept de genre y est central et traverse les différents objets étudiés. Ce concept y est mobilisé selon différentes acceptions et manipulé suivant différents angles d’approche. S’il est d’abord présenté comme objet d’étude à partir de la catégorisation des enseignant·es et de la caractérisation de leurs pratiques, il se déplace ensuite pour devenir un outil d’analyse transversal de ces pratiques et des représentations sociales qui s’y attachent. Celles-ci se fondent sur une vision du monde qui positionne les individus dans le système de genre reposant sur le primat du critère du sexe biologique et produisant les conditions d’activation des mécanismes de la domination sociale sexuée et genrée. La portée heuristique du genre a pour ambition de déconstruire ce qui paraît « naturel », « neutre », « allant de soi » dans l’espace social organisé à partir de la triade sexe-genre-sexualité. Ces mécanismes ne se limitent pas aux relations sociales, ils sont également à l’oeuvre dans le système éducationformation (SEF). L’approche scientifique féministe a pour objectif de montrer comment se construisent les normes qui participent à la représentation hiérarchique binaire et comment les mécanismes qui conduisent à la reproduction des phénomènes de domination sexuée et genrée, d’inégalités et de discriminations sont à l’oeuvre dans l’espace social intégrant le SEF.

J’investis une compréhension du social à partir d’une approche des études de genre selon trois directions qui participent du SEF. Pour l’axe du milieu didactique et de l’intervention enseignante en éducation physique et sportive, le potentiel pour des perspectives de recherche se développe d’une part autour de l’observation des effets produits par la manipulation de certains paramètres didactiques identifiés comme contribuant aux inégalités de sexe en EPS, d’autre part sur les mécanismes genrés qui polluent les possibilités d’apprentissage et de réussite de tous les élèves. Pour l’axe de l’insertion du genre en formation des enseignant·es, les perspectives de recherche peuvent concerner à la fois l’acquisition des compétences professionnelles des enseignant·es novices et l’efficacité des formations menées. Enfin, c’est un terrain de recherche original et innovant qui s’ouvre dans le troisième axe avec l’étude des violences et cyberviolences genrées exercées en milieu scolaire mais se prolongeant dans les réseaux de communication en ligne. De futures recherches pourront en particulier investir les mécanismes du contrôle social genré qui passe par le sexisme et ses variantes : l’homophobie et le cybersexisme qui peuvent s’aggraver
de violences perpétrées dans l’espace scolaire augmenté du cyberespace.

La note de synthèse est structurée en trois parties : la première est consacrée à l’observation des pratiques enseignantes, en particulier en EPS avec le genre, à partir d’un cadre théorique multiréférencé. La seconde partie donne à voir une transition d’objets qui glissent des pratiques enseignantes à la formation des enseignant·es aux questions d’égalité femmes-hommes et de genre. La troisième partie est dédiée aux épistémologies du genre et à l’intégration du genre dans l’analyse des pratiques enseignantes et des représentations dans le système d’éducation-formation.