Dans les coulisses du genre : la fabrique de soi chez les Drag Kings, de Luca Greco

Publié le 27 septembre par Institut du genre

Entrée en matière dans les coulisses du genre, le présent travail se penche sur les pratiques de construction et de présentation de soi dans un atelier Drag King à Bruxelles. Il montre comment une approche interactionnelle et multisémiotique du genre ne peut pas faire l’économie de l’histoire individuelle et collective telle qu’elle est à la fois présente et interrogée par les participant.e.s dans cet atelier. L’articulation de multiples dispositifs de genre issus de contextes plus ou moins lointains débouche sur une vision politique et polyphonique des pratiques de transformation corporelle par les Drag Kings. Cet atelier ne se situe pas uniquement dans une tradition des pratiques drag et de travestissement qui tout à la fois les contraint et les inspire : il suscite également de futures constructions et présentations de soi qui font que de nouveaux corps, de nouveaux soi voient le jour.

Complémentaires plutôt que contradictoires, les approches théoriques mises en œuvre (Goffman, Butler) permettent à l’auteur de prendre en compte les dimensions multiples des données recueillies – linguistique, interactionnelle et corporelle, collective et personnelle, relevant de la vie quotidienne et de l’art, historique et politique – dans des cadres habituellement séparés par les frontières disciplinaires. Quant à l’ethnographie polyphonique dont se réclame Luca Greco, elle lui permet de comprendre quels procédés sont mobilisés par les Drag Kings pour construire un soi pluriel – parfois nécessairement paradoxal – ainsi que la façon dont ce soi se construit et se donne à voir comme processus et comme résultat.

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