La Tyrannie du genre

Publié le 31 janvier par Institut du Genre

Ouvrage de Marie Duru-Bellat, Presses de Sciences-Po, octobre 2017.

Un déguisement de princesse et un aspirateur pour les filles, un château fort et une voiture radiocommandée pour les garçons… On pourrait penser qu’un choix de jouets aussi stéréotypé appartiendrait au passé. Il n’en est rien. Une sexualisation de plus en plus marquée s’observe dans l’éducation comme dans tous les domaines de la vie sociale.

Ces traitements différenciés ne sont pas systématiquement perçus comme des inégalités. Ils sont justifiés par des croyances en des distinctions essentielles, d’ordre « naturel », entre femmes et hommes. Un ensemble de discours psychologisants, de normes et de symboles en découle, qui a des conséquences multiformes sur les rôles assignés à chacun et chacune.

Alors que la notion de genre a été promue par les sociologues pour révéler les rapports de domination, l’invoquer à tout propos, qu’il s’agisse de féminiser la langue ou de prôner la parité, instille l’idée que femmes et hommes sont toujours, partout et avant tout, non des personnes uniques mais des prototypes de leur groupe de sexe.

Sommaire :

Introduction
Avertissement

I. APPRENDRE SON GENRE
Intégrer les stéréotypes du moment
La famille, première reproductrice du genre
Des différenciations précoces, omniprésentes, insistantes
Différences ou inégalités ?
Des marges de manoeuvre
L’école des filles et l’école des garçons
Les stéréotypes en action
Se préparer à un avenir « normal »
Adolescent.e.s : le genre dans le regard des autres
La mixité : une « police des moeurs » réciproque
L’emprise d’une culture juvénile, à l’ombre du marché
Une radicalisation des clivages de sexe ?
De l’hyper-sexualisation au mal-être de genre

II. EXÉCUTER SON GENRE
Une liberté de mouvement entravée
Une moindre confiance dans son corps
Une mobilité restreinte
Une beauté obligatoire
Responsable de sa beauté
L’habit fait la femme
Une sexualité hétéronome
La sexualité, c’est social
Une sexualité au service du genre
Toutes des mères parfaites
La famille contre les femmes ?
Une division du travail cadrée socialement

III. LA NATUREDUGENRE
Le regard des sciences de la vie
La recrudescence du naturalisme
Le regard des sciences humaines et la portée heuristique du genre
Un consensus autour du genre ?
Contre ou pour la nature, un faux procès

IV. LE GENRE ENTRE IDENTITÉ ET SYSTÈME DE DOMINATION
Le devoir d’identité
Une identité intimement sociale
Une identité labile
Une identité ancrée dans les corps ?
La féminité, stigmate d’une position subordonnée ?
Le genre, fer de lance de la domination ?
Entre violence et consentement
Toutes et tous complices ?
Des recompositions dans la domination

V. LIBÉRER, MAGNIFIER OU DISSOUDRE LE GENRE ?
Libérer les moeurs, est-ce libérer les femmes ?
Cultiver les différences, une voie vers l’égalité ?
L’égalité dans la différence, une aporie ?
Le coût des différences
Multiplier les identités ou éradiquer toute classification ?
Viser le noyau dur de la domination
Pourquoi le sexe ?
Militer avec le genre

S’ÉMANCIPER DU GENRE
Bibliographie sélective