Genre et réécriture de l’histoire : Témoignages, langues, autobiographie à plusieurs voix

Publié le 14 juin par Heta Rundgren

Ouvrage d’Annie Jisun BAE, L’Harmattan, Coll. Espaces littéraires, 2017.

Cet ouvrage montre les conditions d’élaboration et de production des langues et écritures qui relient une mémoire subjective à une mémoire collective, en réécrivant l’histoire par-delà les violences, les dénis, les refoulements et les censures.

Annie Jisun Bae analyse d’abord le texte de témoignages, L’histoire qu’on réécrit avec la mémoire, duquel émergent en sujet de l’histoire et de l’écriture les « femmes de réconfort », survivantes de l’esclavage sexuel en Corée du Sud pendant l’occupation japonaise. Elle s’intéresse ensuite au texte autobiographique de Theresa Hak Kyung Cha, Dictée, qui fait apparaître un autre sujet d’énonciation, une « voix peuplée », et dans lequel elle construit une autre histoire de la Corée du Sud, à partir de son histoire familiale, dans une langue d’exil, une langue de l’autre.

L’écriture autobiographique, qui est une écriture de l’histoire individuelle, croise l’écriture de l’histoire, en résistant à la subsumption de la femme et de la pensée. Dans cette perspective, ce travail interroge la complexité de la « langue maternelle » et de l’autobiographie chez des philosophes tels qu’Arendt, Adorno, Derrida. La « langue maternelle » se révèle tantôt comme langue de la nation, de la loi, de l’autre, tantôt comme langue de l’affection et de l’intime, de la relation généalogique.

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