L’anatomie et la sexualité politique(s) : rapport sociaux imbriqués et perspectives transnationales

Publié le 18 octobre par Institut du genre

Responsables : Azadeh Kian et Jules Falquet

Nous vivons dans un monde (occidental) où les corps semblent devenir infiniment modifiables —si l’on a les moyens de s’offrir les dernières avancées scientifiques—, où ils peuvent être fabriqués depuis l’ovule et le spermatozoïde de manière rationalisée et commerciale, et simultanément, où les organes génitaux ou la pigmentation de la peau sont de plus en plus réputés constituer notre vérité ultime, dans un retour frappant du naturalisme le plus manifeste, parfois revendiqué au nom d’un essentialisme stratégique. En parallèle, la sexualité est de plus en plus présentée, dans le discours libéral et patriarcal dominant, comme un ensemble de pratiques et de techniques standardisables et presque indépendantes du/des partenaires, comme une évidente source de plaisir et d’épanouissement, hors de toute violence passée ou présente et quelle que soit la position sociale d’ego —ou bien comme un travail à mettre sur le marché et qui mérite rémunération (sans autre interrogation sur le travail), ou encore comme la source d’identités qui se veulent politiques et parfois subversives mais sont surtout essentialisées, commercialisées et instrumentalisées à des fins de distinction (individuelle ou ethnico-nationaliste) souvent racistes et misogynes.
En contrastant ces perspectives avec celles d’une remise en cause de l’existence des sexes et des races (mais non pas des rapports sociaux qui les (re)créent en permanence), et en s’appuyant sur les critiques de la croyance naturaliste, le séminaire du CEDREF souhaite interroger, dans une perspective pluridisciplinaire, féministe et d’imbrication des rapports sociaux, les questions des corps et des sexualités, ainsi que leur manipulation (néo)coloniale, raciste, patriarcale et commerciale.

Lundi, 16h-18h
Université Paris Diderot, Bâtiment Olympe de Gouges
8 rue Albert Einstein 75013 Paris

Programme

  • Séance 1 : 12 novembre, salle 870
    Anita Meidani, Maîtresse de Conférences en Sociologie à l’Université de Toulouse Jean Jaurès, Chercheure au Laboratoire LISST CERS et Chercheure Associée à l’INSERM U1027 : « Corps et Chirurgie Esthétique : Enjeux de Genre, Enjeux de Classe »
  • Séance 2 : 3 décembre, salle M 019
    Azadeh Kian, Professeure de Sociologie à l’Université Paris Diderot, CEDREF : « Fabrique du genre, des corps et des sexualités en Iran : un aperçu historique », et Bahar Azadi, Docteure en philosophie, Université Paris V : « La question de la trans identité en Iran après la révolution islamique »
  • Séance 3 : 10 décembre, salle 203
    Karine Espineira, Sociologue, LEGS, Université Paris 8 Vincennes Saint-Denis, Collaboratrice de l’équipe Cultures du témoignage, Université du Québec à Montréal : « Origines et politiques transféministes : de Sylvia Rivera à EmiKoyama, du mouvement de dépathologisation aux transféminismes intersectionnels et insurrectionnels » et Maud Yeuse Thomas, chercheuse indépendante, Observatoire des Transidentités : « Savoirs-pouvoirs sur les trans, savoirs trans et déconstructions de la binarité des normes »
  • Séance 4 : 21 janvier, salle M 019
    Joao Gabriel, Historien et sociologue, bloggeur (blog de Joao), membre du groupe QTR (Queer & Trans Révolutionnaires) et Dawud Bumaye, Editions Métagraphes, activiste : « Approche matérialiste des questions queer et trans non blanches »
  • Séance 5 : 18 février, salle M 019
    Janik Bastien Charlebois, Professeure de Sociologie à l’Université du Québec à Montréal, Loé Petit (sous réserve) : « Nos corps nus pour toute défense : une analyse des rapports de pouvoir entre l’institution médicale et les personnes intersexuées »
  • Séance 6 : 18 mars, salle M 019
    Sam Bourcier, Maître de Conférences en Sociologie à l’Université de Lille III : « Vivre et penser comme des queers »
  • Séance 7 : 8 avril, salle 870
    Cynthia Kraus, Maîtresse d’enseignement et de recherche en Philosophie, STSLab/Laboratoire d’études des sciences et des techniques, Université de Lausanne : « L’invention d’une sexologie américaine made in Switzerland : histoire de la réception de Kinsey, Masters & Johnson, et Kaplan à Lausanne et région (années 1950-1980) »