Le mariage « homosexuel » de Ksar el-Kebir.

Quand la sexualité efface le genre au Maroc

Publié le 7 novembre 2016 par Equipe GIS IdG

Séminaire

Performances culturelles du genre

  • Anne Castaing (CNRS/THALIM),
  • Mehdi Derfoufi (UNIL/IRCAV),
  • Tiziana Leucci (CNRS/CEIAS),
  • Fanny Lignon (Univ. Lyon 1/THALIM)
  • Gianfranco Rebucini (IIAC-Laios, EHESS)

Vendredi 18 novembre - 15h à 17h
MSH (EHESS/CNRS)
190 av. de France 75013 Paris
Salle 662

Intervenant :
Gianfranco Rebucini (Chercheur associé IIAC-Laios, EHESS)

Le mariage « homosexuel » de Ksar el-Kebir. Quand la sexualité efface le genre au Maroc

En novembre 2007, à Ksar el-Kebir, un vendeur d’alcool à la sauvette décide d’organiser un mariage spirituel dans une maison d’un quartier populaire. auquel participent plusieurs dizaines de personnes. Le protagoniste aurait en effet eu une « vision », un rêve, où il se serait vu en femme dans les habits d’une mariée. Deux jours après, les sections locales du parti conservateur islamiste PJD et du mouvement piétiste Al Adl Wal Ihsane, ainsi que différentes associations laïques, lancent une pétition pour demander aux autorités judiciaires de la ville l’ouverture d’une enquête officielle sur la célébration d’un « mariage homosexuel ».
À travers l’analyse de cet épisode, devenu un véritable scandale médiatico-politique, j’essaierai de montrer comment une telle célébration relevant d’une performance de travestissement assez banale au Maroc ait pu être dénoncée comme un mariage homosexuel en bonne et due forme et comment les représentations sur l’homosexualité identitaire de type occidental ont pu détourner l’interprétation des faits pour une partie de la sphère publique marocaine. Ces représentations tendent en effet à recouvrir tout le champ des interprétations possibles dans les différents comportements liés aux rapports de genres. Dans un contexte transnational de politisation des sexualités, ces performances de travestissement liées au genre sont de plus en plus réinscrites dans une nouvelle épistémologie sexuelle.

Le séminaire est ouvert à tous.