Corps, genre et parenté

Publié le 18 octobre 2016 par Equipe GIS IdG

Corps, genre et parenté

Le séminaire se déroulera comme d’habitude selon deux thématiques permettant d’illustrer (par des enquêtes achevées ou en cours) la problématique générale intégrant la dimension du genre à une socio-anthropologie comparative du corps et une socio-anthropologie comparative de la parenté.

la thématique "état-civil" animée par Irène Théry sera présentée lors de deux journées groupées au premier semestre.

Dans la suite des travaux entamés l’an dernier, on approfondira la notion même d’état civil, non seulement en droit mais en socio-anthropologie. À la lumière d’une histoire synthétique de l’état civil français, on présentera les questions qu’il suscite aujourd’hui en particulier en matière de filiation (adoption, engendrement avec tiers donneur). On explorera en particulier la distinction, souvent méconnue, entre les actes d’état-civil et les actes de publicité de l’état-civil. On abordera enfin les débats actuels sur les revendications des personnes transgenre et intersexuées et la mention du sexe/genre à l’état civil. Prenant appui sur l’analyse relationnelle du genre, on proposera une nouvelle approche de ces sujets, mettant au centre l’analyse socio-historique et anthropologique de l’état des personnes.

la thématique "Adoption, "origines" et retrouvailles " animée par Agnès Martial sera présentée au deuxième semestre, jeudi de 10 h à 12 h, 6 séances (les dates seront indiquées ultérieurement).

Cette année débutera un nouveau cycle inscrit dans le champ des recherches sur les formes contemporaines de parenté et de vie familiale. Familles adoptives, recomposées ou issues de l’assistance médicale à la procréation, hétéro ou homoparentales, suscitent de nombreux débats au plan scientifique, social et politique. Parmi ceux-ci, la question de l’accès à la connaissance des « origines » est particulièrement discutée depuis le début des années 2000. Elle apparaît, en anthropologie, comme un révélateur particulièrement fécond des représentations liées à la procréation et plus largement aux relations de genre et de parenté dans les nouvelles formes de vie familiale. Nous travaillerons cette année à en retracer la genèse et les analyses à partir du cas de l’adoption, en nous intéressant au phénomène particulier des « retrouvailles », saisi à la fois comme un lieu d’expression et comme une instance de mise à l’épreuve de la notion d’« origines », tant du point de vue des parcours personnels et familiaux qu’elle recouvre que des mécanismes institutionnels, politiques et diplomatiques qui lui sont associés, au plan national et international. Si peu de recherches empiriques en ont encore abordé l’étude en France, une revue de la littérature issue des recherches conduites en Europe et en en Amérique du Nord permettra d’identifier et de discuter les notions, les concepts et les axes d’analyse indispensables à l’appréhension de ce phénomène.