Femmes et savoirs. Espaces, frontières, marges

Genre et circulation des savoirs

Publié le 29 mars 2016 par Equipe GIS IdG

la prochaine séance de l’atelier des doctorantes du Centre Alexandre Koyré pour l’année 2015-2016

Femmes et savoirs. Espaces, frontières, marges

Séance 6 : jeudi 31 mars 2016, à 14h, Salle de séminaire, 5e étage, Centre Alexandre Koyré (27 rue Damesme, 75013 Paris).

Intervenantes : Silvia Sebastiani (EHESS, CRH) et Caroline Muller (ENS/Université Lyon2)

Genre et circulation des savoirs

Silvia Sebastiani : Femmes « forgeuses de races » : un topos des Lumières
Résumé : Au cours des quinze dernières années, les catégories de race et de genre, et leurs relations réciproques, ont constitué un domaine d’étude prolifique. Une historiographie croissante a insisté sur le fait que race et genre se construisent ensemble et réciproquement à l’âge moderne, selon des voix qui ne sont ni linéaires ni tranchées. Dans mon exposé je m’arrêterai sur un point précis de cette relation : le regard porté par l’historiographie de Lumières britanniques sur les femmes à travers le globe. Dans ces discours, alors que les femmes européennes commencent à être considérées comme sujets d’histoire, les femmes amérindiennes et africaines sont conçues comme « forgeuses de races » et racialisées. L’accouchement sans douleurs, l’allaitement des enfants pendant le travail, le rapt et viol par les orangs outangs… autant des mythes qui contribuent à l’argumentaire de justification de l’esclavage.

Caroline Muller : Direction de conscience, genre et circulation des savoirs matrimoniaux. L exemple de la correspondance Menthon - Dupanloup et du mariage de René (1860-1863)
Résumé : A propos de René, son neveu, la comtesse de Menthon écrit à son directeur de conscience Félix Dupanloup (1862) :« l’intérêt que nous mettons à son mariage est le plus puissant, entre tous les intérêts mondains qui puissent justement préoccuper des parents ». Dès lors, elle s’emploie, avec l’aide de l’évêque, à trouver une future femme à René. On voit alors se dessiner toute une géographie du secret tissée autour des savoirs sur les familles et le mariage, savoirs qui se transmettent par le biais de ces réseaux de direction de conscience.

Dans cette contribution, je propose d’étudier la manière dont circulent ces savoirs matrimoniaux entre femmes dirigées et directeurs de conscience - et la façon dont les relations de direction de conscience peuvent être mises au service de la constitution d’un corpus de savoirs indispensables à l’élaboration des projets de mariage entre 1840 et 1914.


Programme complet (incluant les bibliographies) :
http://femmesetsavoirs.sciencesconf.org/

Pour des questions de logistique, nous prions celles et ceux qui souhaiteraient assister à l’atelier de s’inscrire sur la plateforme Sciencesconf, où vous pourrez télécharger les diaporamas communiqués par nos intervenants.