Femmes débiles et amorales, hommes ivrognes et violents.

Politiques racisées de la natalité, du travail et de la sexualité dans les outre-mer, 1960-1980

Publié le 1er février 2016 par Equipe GIS IdG

la prochaine séance du séminaire Genre, Génération, Ethnicité aura lieu le 02 février 2016, en salle 1 au RDC du Bâtiment le France, 15h-17h.

Nous accueillerons Françoise Verges, Chaire Global South, Collège d’études mondiales, FMSH.

"Femmes débiles et amorales, hommes ivrognes et violents." Politiques racisées de la natalité, du travail et de la sexualité dans les outre-mer, 1960-1980

Résumé :
Dans les « outre-mer » français, l’Etat mène dans les années 1960-1980, des politiques visant à contrôler la natalité, le travail, et la sexualité. Dans un contexte où ces trois champs, qui ont toujours été l’objet d’une attention particulière des États, sont reconfigurés, les femmes du Tiers Monde sont particulièrement visées dans un contexte de réorganisation de la main d’œuvre et de l’économie au niveau global et national, de décolonisation, de Guerre froide, d’hégémonie nord-américaine et d’idéologie du « développement ». En effet, à la sortie de la 2nde guerre, la natalité des femmes non-blanches est présentée comme une menace à la sécurité mondiale et le facteur principal de pauvreté. Les outre-mer n’échappent pas à cette reconfiguration du capital et du travail avec ses effets sur le genre et la racialisation.
Dans cette présentation, Françoise Vergès présentera un autre versant des victoires féministes concernant l’avortement et la contraception : celui de choix politiques qui ont encouragé l’application de pratiques racisantes visant les femmes des outre-mer. Elle situera cette histoire dans un contexte local, régional, national et global où l’Etat français utilise à la fois la répression et le discours de la « bonne vie » pour écraser les luttes anticoloniales en important la société de consommation et une idée de l’émancipation des femmes. Cette histoire questionne le récit de l’épopée féministe française, met à jour les contradictions de la postcolonialité républicaine, et permet d’explorer le rôle du psychiatre, de l’assistante sociale, et du médecin dans une normalisation au service de l’Etat libéral.

Vous trouverez le programme de l’année au lien suivant : http://www.ehess.fr/fr/enseignement/enseignements/2015/ue/653/