Émancipation et sexuation du monde

Publié le 1er décembre 2015 par Equipe GIS IdG

Le programme PRESAGE

est heureux de vous convier au séminaire de Geneviève Fraisse Émancipation et sexuation du monde

A 18h30, les jeudis 3 & 17 décembre 2015, & 7 janvier 2016

Adresse : CPEC 37 bis rue du Sentier 75002 Paris

La question du point de vue (« stand point ») qui réfère à la diversité des catégories, des lieux et des sujets s’applique aussi à la perspective : dans le vis-à-vis théorique entre émancipation et domination, le point de vue proposé ici est celui de l’émancipation. Les analyses de la domination offrent des clés épistémologiques qui permettent des critiques structurées, par conséquent des énoncés théoriques. À l’inverse, l’examen de l’émancipation oblige à considérer le temps historique, à comprendre l’historicité des sexes comme le lieu où « ça pense ». Ainsi, c’est moins la théorie que la problématique qui l’emporte dans l’énoncé et l’analyse de l’émancipation, moins l’identité catégorielle ou la structure de l’inégalité que le chantier discursif et politique en cours. Car la modernité démocratique rencontre l’égalité des sexes en configurant des problèmes (comme, par exemple, démocratie exclusive, service domestique, consentement, habeas corpus ou muse inoxydable, notions conceptuelles formalisées dans des travaux antérieurs). On s’éloigne ainsi des philosophies de l’identité, à déconstruire, à subvertir, à démultiplier, pour mettre en mouvement des questions névralgiques, où la sexuation du monde fait histoire. Sur ce chemin, on rencontre parfois d’autres « autres » dans des configurations changeantes ; on comprend aussi la contradiction ou le contretemps que le féminisme génère dans l’espace commun, local ou global.

Alors il n’y a pas d’utopie du féminisme, mais bien plutôt une nouvelle perspective philosophique : si la sexuation du monde croise l’historicité des sexes, on découvre que le sujet de l’émancipation, toujours en devenir, reste un objet d’échange politique et discursif. Le sujet ne supprime pas l’objet, et inversement : inutile de penser en termes d’instrumentalisation du féminisme dans la modernité ; il s’agit d’un lieu de l’échange, le lieu même de l’échange, donc de l’histoire.

Info :
www.ciph.orgwww.facebook.com/ciphilo — tél : 01 44 41 46 80