Technologies reproductives et d’enfantement : régulations du risque, gouvernement du corps, controverses publiques

Publié le 5 novembre par Institut du genre

De la conception à l’accouchement en passant par la grossesse, le progrès médical est parvenu à orienter voire façonner en profondeur le processus d’enfantement dans les sociétés contemporaines. La multiplication des innovations « révolutionnaires » ou de rupture telles que la PMA-GPA (qui a détaché l’embryon de l’utérus), le diagnostic prénatal (qui a rendu le fœtus « maîtrisable »), ou la contraception hormonale y joue un rôle certain. Le recours massif à des technologies, instruments ou médicaments, plus anciens ou conventionnels (échographie, césarienne, péridurale…), y a joué ou joue un rôle clé également, étant donné qu’il contribue à déplacer les frontières entre le naturel et l’artificiel, le moderne et l’archaïque, le biologique et le médical. Au croisement des études sociales et culturelles des techniques, de la sociologie de la médecine, de la sociologie des controverses publiques, et des études sur le genre, ce séminaire de recherche vise à décrypter ces nouveaux paysages reproductifs et d’enfantement modelés par la médecine. Il repose sur quatre axes principaux. Nous aborderons les trajectoires sociohistoriques de ces différentes techniques, en traçant les continuités, les complémentarités, ou au contraire les concurrences entre elles. Nous analyserons les régulations nationales et internationales dont ces innovations font l’objet depuis les dernières décennies, redessinant par là de nouveaux rapports, institutionnels, à la maternité/parentalité, au genre, au corps, au biologique, au risque, ou encore à l’handicap. Nous passerons au crible les marchés et les logiques industrielles dont elles relèvent et les formes de gouvernement économique qu’elles donnent à voir. Nous étudierons enfin les critiques ou controverses publiques qu’elles suscitent en termes non seulement éthiques, mais aussi épistémologiques, sanitaires, et politiques. Ce séminaire de recherche fait partie du projet ANR « Hymedpro » (Hypermédicalisation des accouchements comme problème public : trajectoires matérielles, controverses publiques, réponses institutionnelles) coordonné par Sezin Topçu.

Responsables
Sezin Topçu, chargée de recherche au CNRS (CEMS-EHESS)
Chiara Quagliariello, postdoctorante ANR HYPMEDPRO (CEMS-EHESS)
Ilana Löwy, directrice de recherche à l’INSERM (CERMES3)

1er lundi du mois de 13 h à 16 h, du 5 novembre 2018 au 3 juin 2018, à l’Ehess, 54 bd Raspail (75006 Paris), salle AS1_24 (attention : changement de jour, d’horaires et de lieu pour la séance d’avril)

Détail des séances sur le site du séminaire.