Rapts de femmes comme butins de guerre : une vieille histoire ou de nouveaux défis de genre

Café-débat

Publié le 20 octobre 2015 par Equipe GIS IdG

Rapts de femmes comme butins de guerre : une vieille histoire ou de nouveaux défis de genre ?

café-débat
27 octobre 2015

Jardin des Plantes, café-restaurant La Baleine, 47 rue Cuvier (Paris 5e), 18h30-20h30

  • Avec Fabrice Virgili, Historien (CNRS-IRICE)
  • Avec Catherine Bonnet, Pédopsychiatre
  • Avec Brigitte Gonthier-Maurin, Sénatrice (Délégation aux droits des femmes et à l’égalité du Sénat)

Une vieille histoire, en effet, que ces rapts de femmes - ou enlèvement des Sabines - comme butins de guerre.
Mais faut-il que, en ce début de XXIe siècle, nous assistions, impuissant-e-s, à l’enlèvement de lycéennes, à la mise en esclavage de milliers de femmes et petites filles, à leur viol et asservissement sexuel comme arme de guerre inscrite dans une stratégie délibérée ? Comment comprendre le véritable hiatus qui existe entre la reproduction et l’actualisation de ces ancestrales malédictions et la proclamation tous azimuts d’avancées vers plus de justice, de respect et d’humanité, dans les rapports entre femmes et hommes ?
Notre époque n’est-elle pas marquée par une dénonciation ferme, bruyante et universelle des violences - de toutes les violences - à l’encontre des femmes ? Ce refus unanime et vigoureux, qui noircit des centaines de pages de conventions internationales, de recommandations, de déclarations solennelles, d’engagements formels et formalisés, toutes pièces constitutives d’un implacable « politiquement correct », ne nous oblige-t-il pas ?
La façon dont ces valeurs, ces principes chèrement acquis et actés sont bafoués ne nous empêche-t-elle pas de dormir, de rêver ?
Rien en tous cas ne nous empêche, déjà, de nous réunir, dans un Café de l’IEC, pour en parler, ensemble et avec quelques invités choisis pour leur connaissance du sujet et leur engagement à refuser l’indifférence et le silence.

Fabrice Virgili
, historien, directeur de recherche au CNRS (Laboratoire Sorbonne-IRICE). Ses travaux portent notamment sur le genre et les violences lors des deux guerres mondiales et participe au groupe de recherche international Sexual Violence in Armed Conflict (SVAC). Il a coordonné (avec R. Branche), l’ouvrage collectif Viols en temps de guerre (Payot, 2011), qui éclaire la place et le sens des viols en temps de guerre.

Catherine Bonnet, pédopsychiatre, a beaucoup travaillé sur l’accouchement sous X, les signalements d’inceste, les viols de guerre et les enfants nés de ces viols. Avec le soutien de la Fondation de France, de Médecins Sans Frontières et de l’UNICEF, elle a participé à de nombreuses missions humanitaires d’évaluation et de formation dans les pays en guerre, de la Croatie au Rwanda. Les témoignages recueillis ont fait l’objet d’un rapport sur les viols de guerre à l’encontre des femmes et des adolescentes durant le Génocide au Rwanda, adressé à l’ONU et au Parlement européen.

Brigitte Gonthier-Maurin, sénatrice, membre de la Délégation aux Droits des Femmes et à l’Egalité des chances entre les hommes et les femmes du Sénat fera part de l’implication de cette Délégation sénatoriale dans la question du recours aux violences sexuelles comme armes de guerre, à travers plusieurs auditions conduites et médiatisées en 2013 ainsi que d’un rapport d’information en 2014 (Pour que le viol et les violences sexuelles cessent d’être des armes de guerre, Sénat, n°212, 2013-2014).