Comment progresse l’accès à l’avortement dans des contextes restrictifs ? Perspectives historiques et internationales

Journée d’études

Publié le 20 octobre 2015 par Equipe GIS IdG

Comment progresse l’accès à l’avortement dans des contextes restrictifs ? Perspectives historiques et internationales

Mardi 8 décembre 2015

INED, 133, boulevard Davout, 75020 Paris
Salle Sauvy

La question de l’avortement est souvent abordée à travers une comparaison des différentes législations et une présentation des arguments « pour » ou « contre » sa légalisation. Ces approches tendent à masquer les stratégies concrètes déployées sur le terrain pour améliorer l’accès à l’avortement sécurisé dans les contextes légaux restrictifs.
L’histoire est à cet égard particulièrement pertinente pour éclairer le présent. En effet, l’interdiction de l’avortement, bien qu’ayant de lourdes conséquences sur la santé et la vie des femmes, n’a jamais empêché sa pratique, en raison de la capacité des acteurs et actrices à s’organiser (de manière généralement clandestine), à développer des changements technologiques ou à se les approprier.
L’apparent statu quo légal qui prévaut dans la grande majorité des Etats depuis la fin du 20e siècle cache en réalité des situations diverses en matière d’accès effectif et sécurisé à l’avortement. Dans les faits, cet accès dépend beaucoup d’initiatives locales et informelles. Ces formes d’action ont pour effet d’améliorer concrètement les conditions de recours à l’interruption de grossesse et, peut-être, à plus long terme, de faire évoluer les mentalités sinon la réglementation. Ainsi, l’incitation internationale à l’amélioration des soins post-abortum permet de former des praticiens aux techniques actuelles d’évacuation utérine ; ces praticiens peuvent ensuite les utiliser pour interrompre des grossesses. De même, la diffusion de nouveaux médicaments abortifs vendus à travers différents canaux (réseaux formels, informels et/ou numériques de vente et d’information) facilite le recours à l’avortement.
Cette journée d’étude qui portera sur des contextes historiques et géographiques variés sera l’occasion d’aborder plusieurs questions transversales : ces évolutions discrètes peuvent-elles ouvrir des brèches significatives ? Les systèmes de contournement sont-ils aussi efficaces que les combats politico-juridico-législatifs ? Ces systèmes favorisent-ils les mobilisations sur la scène publique ou sont-ils plutôt de nature à les désactiver ?

Organisateurs : Fabrice Cahen (INED), Agnès Guillaume (CEPED/IRD) et Clémentine Rossier (Université de Genève/INED)