Agir pour l’égalité

Publié le 1er juin 2016 par Equipe GIS IdG

Agir pour l’égalité

27-28 juin 2016
Université Paris Diderot, amphithéâtre Buffon, 15 rue Hélène Brion (Paris 13e)

- Colloque international du DIM "Genre, inégalités, discriminations"
- Entrée libre mais inscription obligatoire

Valeur cardinale des démocraties contemporaines, l’égalité est l’objet d’innombrables théorisations concurrentes. Que ce soit dans le champ des recherches sur le genre ou sur les discriminations, les études historiques ont mis en évidence l’exclusion de fait des groupes dominés, dont les femmes, les minorités sexuelles et les populations racialisées, des acquis de l’égalité formelle. Contre la persistance des inégalités, de genre et de race notamment, les mouvements sociaux, la recherche scientifique et les politiques publiques ont contribué à la théorisation des notions d’égalité des chances, de parité, de discrimination et d’intersectionnalité, et au développement de diverses stratégies d’action afin de favoriser le passage à l’égalité réelle. La transition d’une égalité formelle, finalement établie dans les lois fondamentales des sociétés démocratiques, à une égalité réelle dans tous les domaines de la vie sociale caractérise la seconde moitié du XXe siècle et le début du XXIe siècle. Cette transition est loin d’être achevée, non seulement parce que les politiques publiques n’incorporent que de manière très incomplète les objectifs d’égalité, mais encore parce que des stratégies différentes coexistent et parfois s’opposent.

Dans cette perspective, de nombreux travaux se donnent pour objet l’analyse ou l’évaluation des politiques publiques et autres dispositifs de promotion de l’égalité et de la non-discrimination, voire de « discrimination positive », et ce que les dispositifs en question soient de nature coercitive ou simplement incitative. Au-delà du seul examen de la conformité des pratiques observables aux normes juridiques applicables, quelles sont les mesures (in)efficaces au regard des objectifs poursuivis et les déterminants de cette (in)efficacité ? Quels indicateurs retenir pour juger de la réalisation de l’égalité visée ? Quels obstacles ces tentatives d’évaluation rencontrent-elles ? Par quels biais demeurent-elles affectées ? Quels enseignements nous délivrent-elles néanmoins ?

Parallèlement, d’autres travaux empiriques portent sur les mobilisations sociales ayant l’égalité comme horizon et examinent leurs déterminants et leurs répertoires d’action. Pourquoi et comment les membres des collectifs en question agissent-ils « pour l’égalité » notamment dans le domaine du genre et/ou de la lutte contre les discriminations ? Les formes d’action privilégiées sont-elles déterminées par les conceptions de l’égalité qui les sous-tendent ? Telles sont quelques-unes des questions autour desquelles gravitent les analyses ici évoquées.

L’objectif principal du colloque est de rendre visibles et de confronter les résultats des travaux relevant de ces diverses approches trop souvent cloisonnées, notamment afin d’examiner les interactions entre les phénomènes mis en lumière par l’une et par l’autre, et ce quelles que soient les échelles d’analyse mobilisées (locale, nationale, européenne…). Les effets dérivés de ces travaux empiriques sur les conceptions de l’égalité elles-mêmes pourront aussi retenir l’attention. L’éventail disciplinaire visé est délibérément large et comprend l’ensemble des sciences humaines et sociales (sociologie, économie, philosophie, psychologie sociale, droit, science politique, sciences de gestion, histoire, anthropologie, démographie…).

PROGRAMME

27 juin 2016

8h45 - Accueil

9h00 - OUVERTURE du colloque
par Florence Rochefort, co-présidente du DIM GID

9h15 Conférence
Agir pour l’égalité : une question de responsabilité ?, par Patrick Savidan (Université de Poitiers)

Session 1 - LES OUTILS POUR L’ÉGALITÉ
Président : Daniel Sabbagh (Ceri, Sciences Po)

10h00 – Intersectionnaliser l’analyse différenciée selon les sexes : expériences québécoises et canadiennes, par Chantal Maillé (Université Concordia, Montréal)
10h20 – Un marché pour tous : une expérimentation exploratoire des pratiques discriminatoires en marketing (le cas des chambres d’hôtes), par Guillaume Johnson et Valérie Guillard (Université Paris Dauphine)
10h40 – Civilité et travail de l’égalité dans l’interaction, par Carole Gayet-Viaud (Centre de recherches sociologiques sur le droit et les institutions pénales)
11h00 – Discussion

11h20 – Pause

11h35 – Agir pour l’égalité entre les sexes à l’école : une politique de sensibilisation prise entre genre, race et classe, par Simon Massei (Université Paris I Panthéon Sorbonne)
11h55 – L’égalité entre les hommes et les femmes : valeur nationale ou instrumentalisation raciste ? Redéfinitions de l’égalité dans les débats féministes sur la laïcité au Québec, par Caroline Jacquet (Université du Québec à Montréal)
12h15 – L’approche « intersectionnelle » de la discrimination, exemple d’une égalité contextualisée, par Hilème Kombila (Université Paris Ouest Nanterre La Défense)
12h35 – Discussion

13h00-14h15 – Déjeuner libre

14h15 – Conférence
L’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes : quelles politiques et quels enjeux ?, par Jacqueline Laufer (HEC-Paris)

Session 2 - POLITIQUES POUR L’ÉGALITÉ PROFESSIONNELLE
Présidente : Frédérique Pigeyre (Université Paris Est Créteil)

Politiques publiques
14h55 – La longue trajectoire des (in)égalités dans les rapports de genre au Brésil : les employées de maison et les nouveaux acquis sociaux, par Lourdes Bandeira (Université de Brasília)
15h15 – La loi québécoise sur l’équité salariale : la fin des inégalités de rémunération entre hommes et femmes ?, par Louise Boivin (Université du Québec à Montréal)
15h35 – Loi sur l’emploi local et formation continue à destination des femmes kanak en Nouvelle-Calédonie ; dynamique et résistances à l’égalité réelle, par Armelle Testenoire (Université de Rouen)
15h55 – Accompagnement vers l’emploi, non-recours et sortie du CLCA, par Danielle Boyer (Caisse nationale des Allocations familiales) et Mélaine Cervera (Association de Promotion des Expérimentations Sociales)
16 h15 – Discussion

16 h 30 – Pause

Politiques en entreprise
16h45 – Quand l’égalité femmes-hommes change de camp : d’une revendication syndicale déniée à un soutien élitiste à la diversification des talents, par Sophie Pochic, (Centre Maurice Halbwachs)
17h05 - Accompagner les entreprises pour négocier sur l’égalité professionnelle : une quasi-expérimentation, par Nathalie Greenan (Centre d’études de l’emploi)
17h25 – Le conseil en égalité professionnelle : conflits de référentiel et structuration du marché, par Soline Blanchard (Centre Maurice Halbwachs)
17h45 Discussion

28 juin 2016

8h45 – Accueil

9 h00 – Conférence
sur l’évaluation des politiques d’égalité, par Amy Mazur (CEE, Sciences Po et Washington State University) (titre à venir)

Session 3 - ÉVALUATION DES POLITIQUES D’ÉGALITÉ
Président : Christian Poiret (Université Paris Diderot)

Politiques publiques
9h45 – Les exclus de l’« inclusion ». Politiques de développement du logement social et discriminations discrètes (France/Québec), par Fabien Desage (Université de Lille)
10h05 – Territoires d’excellence : un label pour l’égalité, 230 actions, par Yannick L’Horty (Université Paris-Est Marne-la-Vallée)
10h25 – Discussion

10h40 – Pause

10h55 – L’égalité réelle à l’épreuve des tensions sectorielles et institutionnelles : la mise en œuvre d’un plan égalité femmes-hommes au Conseil régional Nord-Pas-de-Calais, par Cécile Talbot (Université Lille 2)
11h15 – Les inégalités de genre et les violences contre les femmes au Brésil : les effets de la loi 11.340/2006 à Montes Claros, nord de Minas Gerais, par Claudia Maia et Aparecida Gourevitch (Université de Montes Claros-Unimontes, Brésil)
11h35 – Discussion

Politiques dans le domaine de l’éducation
11h50 – Socialisation des filles et des garçons sous l’angle des actions d’éducation à l’égalité : réception de ces actions par les enfants de sept à onze ans et les professionnel·le·s de l’éducation, par Vanessa Fournier (Université de Lille 3)
12h10 – Geographically-targeted affirmative action and incentive effects in French high schools, par Pierre Gouedard (Sciences Po)
12h30 – Discussion

12h45-14h15 – Déjeuner

14h15 – Conférence
Des alliances improbables aux alliances impossibles ? Les mouvements de l’immigration postcoloniale et leurs soutiens, par Abdellali Hajjat (Université Paris Ouest Nanterre La Défense)
Les horizons et les impasses de l’égalité : mobilisations et dissensions dans les mouvements féministes, par Eléonore Lépinard (Université de Lausanne)

Session 4 - MODES D’ACTIONS POUR L’ÉGALITÉ
Présidente : Florence Rochefort (CNRS)

Stratégies égalitaires
15h00 – Sensibiliser à soi. Le développement de stratégies de sensibilisation dans un réseau de militants aveugles, par Lisa Buchter (Sciences Po et Northwestern University, Chicago)
15h20 – Quelle organisation concrète de l’égalité de participation des personnes handicapées aux pratiques artistiques corporelles ? Étude comparée de deux « ateliers inclusifs » en France et en Angleterre, par Élise Lantz (Institut fédératif de Recherche sur le handicap-Inserm)
15h40 – Discussion
15h55 – Outiller les jeunes face à l’hypersexualisation : un exemple de recherche-action pour prévenir la sexualisation précoce et développer les rapports égalitaires chez les enfants et les adolescents·es, par Francine Duquet (Université du Québec à Montréal)
16h15 – Développement du football féminin et affirmation d’une expertise professionnelle. L’action des salariées de la Fédération française de Football, par Camille Martin (Groupe des Écoles nationales d’Économie et Statistique, Insee)
16h35 – Discussion

16h50 – Pause

Mobilisations
17h05 – Dépénaliser l’avortement au nom de l’égalité ? Les dilemmes de la mobilisation pro-légalisation au Sénégal, par Marieme N’Diaye (Université de Montréal)
17h25 – « Agir contre l’égalité ». La politisation des homosexuel-le-s opposé-e-s au Mariage pour tous en France, par Mickaël Durand (Sciences Po)
17h45 – Discussion

18h00 – Clôture du colloque.


Comité d’organisation :

Jacqueline Laufer (HEC), Yannick L’Horty (UPEM), Catherine Louveau (Université Paris Sud), Frédérique Pigeyre (Univ. Paris Est Créteil), Florence Rochefort (CNRS GSRL EPHE/CNRS), Daniel Sabbagh (CERI, Sciences Po), Patrick Simon (Ined).

Comité scientifique :
Catherine Achin (UPEC/CRESPPA-CSU), Armelle Andro (Université Paris 1 Panthéon Sorbonne/INED), Nathalie Bajos (INSERM), Laure Bereni (CNRS), Gwénaële Calvès (Université de Cergy Pontoise), Annie Cornet (Université de Liège), Éric Fassin (Université Paris 8), Erika Flahault (Université du Maine), Claire Hancock (UPEC), Stéphanie Hennette-Vauchez (Université Paris Ouest Nanterre la Défense), Sophie Jacquot (Sciences-Po), Thomas Kirszbaum (ISSP Cachan), Laurie Laufer (Université Paris Diderot), Éléonore Lépinard (Université de Lausanne), Emanuela Lombardo (Université Complutense de Madrid), Françoise Lorcerie (CNRS), Cendrine Marro (Université Paris-Ouest Nanterre La Défense), Frédérique Matonti (Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne), Amy G. Mazur (Sciences-Po), Marie Mercat-Brun (CNAM), Dominique Meurs (Université Paris-Ouest Nanterre La Défense), Pascale Petit (Université Paris-Est Marne-la-Vallée), Christian Poiret (Université Paris Diderot), Jean-François Ravaud (INSERM), Juliette Rennes (EHESS), Anne Revillard (Sciences-Po), Joan W. Scott (Institute for Advanced Study, Princeton), Réjane Senac (CNRS), Rachel Silvera (Université Paris-Ouest Nanterre La Défense).

Coordination :
Sylvie Blumenkrantz (DIM GID), Sandrine Lely (IEC).