Trajectoires d’émancipation des femmes au Bangladesh : entre marginalisation et aliénation / Le statut des femmes en droit pénal comparé français-libanais et la lecture genrée du droit pénal

Publié le 16 janvier par Institut du Genre

Anastasia-Alithia Seferiadis et Noura Raad à l’atelier Efigies Aix-Marseille, le jeudi 25 janvier, 13h30-16h30, à la MMSH (Aix-en-Provence), salle 7.

Anastasia-Alithia Seferiadis, (Aix-Marseille Univ., IRD, LPED). Trajectoires d’émancipation des femmes au Bangladesh : entre marginalisation et aliénation

Alors que l’émancipation apparait comme un but affiché de nombreuses initiatives locales ou organismes internationaux, de nombreux débats présentent d’une part une opposition entre une vision impliquant des conflits, et qui permet la transformation sociale via une rupture avec l’ordre établi, et d’autre part une vision présentée comme « neutre ». Ces débats sont reflétés par différentes pratiques sur le terrain, il est donc question d’interroger comment les femmes s’engagent dans diverses stratégies émancipatoires. S’appuyant sur un travail de terrain au Bangladesh, sont comparés deux projets de développement des femmes. Dans le premier, les femmes empruntent des trajectoires d’émancipation qui contournent les résistances imposées par les pouvoirs et en particulier par leur capital social : leurs trajectoires de développement sont en harmonie avec les normes patriarcales et les figures de pouvoir locales. Alors que dans le second, elles adoptent des stratégies résolument en rupture avec les normes établies. Ces projets permettent d’analyser comment des femmes s’emparent de projets de développement, confrontées au double risque de se marginaliser ou de s’aliéner.

Noura Raad, (Aix-Marseille Univ., Université libainaise de Beyrouth, LDPSC) Le statut des femmes en droit pénal comparé français-libanais et la lecture genrée du droit pénal

Les femmes, à travers les âges et jusqu’à l’heure, subissent des discriminations de droit et de fait profondément partiales qui vont à l’encontre des principes juridiques d’égalité et de non-discrimination. Elles souffrent jusqu’à aujourd’hui de plusieurs obstacles pour exercer leurs droits, être libres, porter plainte, être dédommagées et imposer le respect de leur dignité et de leur intégrité physique et morale dans le cadre de la famille et de la société. Ces phénomènes visent les femmes partout dans le monde à des degrés différents, d’une part, suite aux systèmes législatifs en vigueur coercitifs et discriminatoires. D’autre part, suite aux interprétations et applications inadéquates et inefficaces des lois ou à l’irrespect des règles prévoyant l’égalité et/ou la protection des droits et des libertés des femmes. Ces complications et lacunes au niveau juridique, judiciaire et social portent atteinte à leur statut, les soumettent à l’autorité masculine, favorisent la persistance des inégalités et contribuent à l’ancrage du caractère normal et la légitimité des discriminations et des violences sexistes/sexuelles. Ces actes sont fondés, se justifient et s’alimentent fortement par les stéréotypes de genre qui souvent masqués et qui sont liés aux normes sociales, aux cultures, aux traditions et/ou aux religions. C’est pourquoi, le sujet lié au « statut des femmes » reste toujours d’actualité. Le but est de parvenir à trouver des solutions, en droit et en pratique, pour respecter le principe d’égalité entre les sexes, pour éliminer toutes les formes de discriminations à l’égard des femmes et pour imposer la protection et le respect de leurs droits et libertés afin d’atteindre une réelle égalité de droit et de fait entre les sexes. Ce sont, plus précisément, les droits et les discriminations relevant du droit pénal qui nous intéressent dans cette étude. Ce droit, qui est censé remédier à ce qui est socialement intolérable a consacré et continue à consacrer dans certains États un statut défavorable aux femmes dans les textes et dans leur interprétation et application. Ce sont les droits acquis par les femmes et les inégalités et discriminations qui persistent en droit pénal français et libanais qui nous intéressent spécialement. L’intérêt de cette comparaison puise sa raison dans les origines du Code pénal libanais de 1943 qui n’a pas été modifié et qui a été inspiré du Code pénal français de 1810 lors de sa rédaction.

Organisation :
L’équipe de l’atelier Efigies Aix-Marseille.
Contact : efigies.aixmarseille [at] gmail.com

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