Sexualité, genre et contraception

Publié le 27 février par Institut du Genre

La prochaine séance de notre séminaire « Santé et sexualités. Quand la médecine croise l’intime : nouvelles normes et enjeux contemporains ».

Le mardi 27 février 2018 de 14h00 à 16h30 à l’Université Saint-Louis - Bruxelles, Bd du Jardin Botanique 43 - 1000 Bruxelles (Salle des examens)

Cette séance autour de "Sexualité, genre et contraception » accueillera Cécile Thomé (EHESS) et Cécile Ventola (INED) ; qui seront discutées par Valérie Piette (ULB) et Fanny Colard (Femmes Prévoyantes Socialistes) :

Cécile Thomé (EHESS)
« Jouir sans entraves » ? Analyse des effets sur la sexualité de la féminisation de la contraception

Cette communication vise à interroger l’évolution de la responsabilité contraceptive en France depuis la légalisation des méthodes médicales de contraception (1967) ainsi que les effets que cette évolution a eu sur la sexualité hétérosexuelle. Elle s’appuie sur un corpus de 71 entretiens ainsi que sur des données quantitatives issues des enquêtes FECOND (2010, 2013, Inserm/Ined). On reviendra d’abord sur la féminisation de la contraception (et même de l’utilisation du préservatif masculin) ainsi que de la responsabilité qui y est associée, en s’intéressant aux différents aspects de ce « travail contraceptif » qui peut être aussi bien logistique que mental. Dans un second temps, il s’agira de voir comment cette responsabilisation des femmes a des effets genrés sur la sexualité, aussi bien en termes de représentations que de désir et de plaisir.

Cécile Thomé est doctorante en sociologie à l’EHESS/Iris et ATER en sociologie à Science Po Paris. Elle co-dirige depuis 2014 le laboratoire junior GenERe (« Genre : épistémologie et recherches ») et est membre depuis 2016 du laboratoire junior « Contraception et genre ». Elle s’intéresse dans le cadre de son travail de thèse aux effets sur la sexualité et les rapports de genre de la contraception ainsi que de la protection contre les IST, en France, depuis les années 1960 jusqu’à aujourd’hui.

Cécile Ventola (INED)
« La place des représentations professionnelles du genre et de la sexualité dans les recommandations contraceptives : une comparaison France/Angleterre »

En France et en Angleterre, les contraceptions masculines occupent des places très différentes dans la structure des usages contraceptifs : la vasectomie et le préservatif sont utilisés par la moitié des usager.e.s outre-Manche et par seulement 15% des personnes en France. Ces différences nationales sont explorées à partir d’une comparaison des pratiques et des représentations des professionnel.le.s de santé en charge de la recommandation et de la prescription contraceptives. L’encadrement des pratiques, la formation des professionnel.le.s et les orientations politiques des deux pays participent à des appréhensions très contrastées de l’implication des hommes en matière contraceptive.

Cécile Ventola est sociologue et docteure en santé publique, spécialiste du genre et des systèmes de santé. Elle a soutenu en 2017 sa thèse « Prescrire, proscrire, laisser choisir : Autonomie et droits des usager.e.s des systèmes de santé en France et en Angleterre au prisme des contraceptions masculines » à l’Université Paris Sud XI, sous la direction de Nathalie Bajos et Agnès Fine. Elle est actuellement chargée d’études à l’Institut National des Etudes Démographiques.

Le programme complet et l’inscription sont à cette adresse : http://observatoire-sidasexualites.be/seminaire

Au plaisir de vous y voir,
L’équipe de l’Observatoire du sida et des sexualités