Séminaire Citoyennetés académiques : Slow Science et recherche action

Publié le 22 mai par Heta Rundgren

se tiendra le jeudi ​1er​ juin 2017, de 9h à 12h, à l’EHESS, 54 Bd Raspail, 75006 Paris, salle A551.

Cette séance portera​ sur​ les in​te​rvention​s ​féministes​.

Pour en discuter,

​Hélène Tanné et Gwenaëlle Ferré,

"La posture et la démarche d’accueil, d’écoute et d’accompagnement des femmes victimes de violences ou les paradoxes du ’faire avec’"

Présentation des intervenantes :

Gwenaëlle Ferré
Actuellement coordinatrice et conseillère conjugale et familiale d’un centre de planification de Seine-Saint-Denis, elle a été formée au Mouvement Français pour le Planning Familial 93 et 94. Elle développe depuis des outils pour sensibiliser des jeunes, des adultes et des professionnel.le.s sur les questions de genre, plus particulièrement sur les sexualités et les violences sexistes. Praticienne du théâtre de l’opprimé et animatrice d’éducation populaire, elle a mené de nombreux ateliers et formé de nombreux/ses professionel.le.s à cette technique ainsi qu’aux enjeux de l’égalité femmes/hommes. Gwenaëlle Ferré a contribué au dernier livre de la CADAC sur les "luttes et réflexions féministes pour faire avancer la société : pratiques, réappropriation de notre corps et transmissions." Elle est en train d’achever un article pour un livre à paraitre aux éditions Routledge, en Grande-Bretagne, sur une expérience féministe de théâtre de l’opprimé à Paris dans les années 2000.

Hélène Tanné
Chargée de mission en santé au sein de la Fabrique de Santé, structure de santé communautaire implantée à Aubervilliers, elle a été militante salariée au Mouvement Français pour le Planning Familial 93 et 92 où elle a été formée au conseil conjugal et familial et à l’accueil, l’écoute et l’accompagnement des femmes victimes de violence, ainsi qu’aux méthodes de l’éducation populaire.

Elle a également travaillé pour plusieurs associations franciliennes de la Fédération Nationale Solidarité Femmes où elle a été en charge des actions de sensibilisation et de formation de professionnel.le.s sur la thématique des violences faites aux femmes. Dans ce cadre, elle a co-organisé en 2013 la journée d’étude "Violence envers les femmes. Enjeux politiques, scientifiques et institutionnels", en partenariat avec l’IRIS-EHESS, l’IEC et l’EHESS, journée dont l’objectif était de faire dialoguer actrices et acteurs de la recherche en sciences sociales et professionnel.le.s de l’intervention sociale.

Résumé : « La posture et la démarche d’accueil, d’écoute et d’accompagnement des femmes victimes de violences ou les paradoxes du faire avec »

Nous souhaitons questionner le modèle de relation qui nous semble prégnant dans les pratiques d’accueil, d’écoute et d’accompagnement des femmes victimes de violences. A l’origine, la connaissance des violences contre les femmes et l’invention des pratiques s’inscrivent du côté des savoirs et savoir faire profanes (pratiques d’auto conscience et de self help développées au sein du mouvement féministe à partir des années 1970 et 1980). Aujourd’hui, les pratiques d’intervention sociale, même et y compris au sein des associations qui se revendiquent féministes et mouvement d’éducation populaire, semblent de plus en plus imprégnées par le modèle asymétrique de la relation d’aide. En effet, si la perspective féministe qui irrigue les pratiques vise l’empowerment des femmes et la re-construction des conditions de leur autonomie, nous ne pouvons que faire le constat d’un asymétrie des positions et des ressources entre les professionnel.le.s et/ou militant.e.s et les femmes qu’elles et ils entendent soutenir.

Nous chercherons tout d’abord à mieux comprendre comment s’est construite notre posture féministe militante et d’intervention sociale. A la suite de quoi nous nous proposerons d’identifier les freins à la mise en œuvre d’une pratique féministe d’éducation populaire dans l’accueil, l’écoute et l’accompagnement des femmes victimes de violences. Et nous voudrions in fine dégager quelques-uns des leviers qui nous semblent porteurs d’une dynamique de transformation de nos pratiques d’intervention sociale.



Programme 2016-2017
Citoyennetés académiques : slow science et recherche-action

Véronique Bayer, doctorante à l’EHESS ( IRIS )
Marc Bessin, chargé​​ de recherche au CNRS (TH) ( IRIS )
Isabelle Bourgeois, sociologue à Ic​o​ne Médiation Santé
​Blandine Destremeau, directrice ​de recherche au CNRS (TH) ( IRIS ) ​
Anne Marchand, doctorante à l’Université d’Évry Val d’Essonne – IDHES
Zoé Rollin, Prag à l’Université Paris 13, doctorante à l’EHESS (IRIS )

1er jeudi du mois de 9 h à 12 h (salle 587, bât. Le France, 190-198 av de France 75013 Paris), du 3 novembre 2016 au 1er juin 2017

Ce séminaire interroge la place du chercheur dans la société, « l’utilité » de son travail, sa commune humanité avec ses enquêtés et son engagement citoyen. Le mouvement actuel de restructuration des institutions de la production et de la transmission des connaissances transforme le monde académique selon une certaine logique de l’excellence, désormais bien ancrée, qui tend à assigner l’expertise aux seuls chercheurs, tout en leur imposant d’intéresser les partenaires industriels ou culturels, en adaptant leurs temporalités à celles du marché.

Nous plaidons pour une autre conception de la citoyenneté académique, qui loin de défendre une autonomie de la recherche, redonne aux acteurs ordinaires leur part d’expertise et impose aux chercheurs de tisser avec eux de nouveaux liens de coopération, en ne négligeant pas leur demande sociale et ce qui doit leur être restitué du travail scientifique. Notre dynamique s’inspire de l’épistémologie féministe de la connaissance située qui a renouvelé la question de la neutralité et du point de vue et des approches du care qui aident à nous méfier des dichotomies (ombres/lumières ; privé/public ; profane/expert…) structurant la démarche scientifique.

Nous nous intéresserons aux recherches-action, interventionnelles ou communautaires, qui, par définition, agissent sur le réel autant qu’elles l’observent, en prenant pour base que la présence du chercheur modifie forcément son terrain, et que la réflexivité vaut mieux que la prétendue neutralité chère aux tenants du positivisme. Différentes temporalités s’articulent dans ces démarches scientifiques, et il s’avère dès lors heuristique de les analyser à l’aune des valeurs du mouvement Slow science qui propose de résister à l’esprit gestionnaire en prenant le temps de la coopération scientifique pour défendre l’inventivité et la liberté du chercheur, sans le confiner dans sa « tour d’Ivoire ».

Ces tensions seront observées à partir de recherches-action menées dans différents domaines et nous présenterons également des expériences innovantes de recherche.

Séance 1 : jeudi 3 novembre
Claire Ribreault et Livio Riboli-Sasco, ​animateurs de l’​Atelier des jours à venir
"Lorsque des citoyens « commanditent » des recherches et bousculent les institutions académiques"

Séance 2 : Jeudi 1er décembre
Jean-Marie Le Gall, association Aides VIH et santé communautaire

Séance 3 : Jeudi 5 janvier
Recherche action dans une perspective féministe et d’Education populaire
​​avec des membres du Collectif ​La Trouvaille ​

Séance 4 : Jeudi 2 février
Blandine Destremeau, directrice de recherche au CNRS/Iris
​"Engagement, distance, participation. Retour sur expériences de recherche"

Séance 5 : Jeudi 2 mars
Syndicalisme et recherche action avec des s​yndicalistes et un chercheur engagés dans des recherches-actions

Séance 6 : Jeudi 30 mars
Recherches participatives

Séance 7 : Jeudi 1er juin
​​
​Hélène Tanné (Planning familial 92) et Gwenaëlle Ferré (CMS d’Aubervilliers), animatrices du Collectif d’Action Féministe Outils
"La posture et la démarche d’accueil, d’écoute et d’accompagnement des femmes victimes de violences ou les paradoxes du "faire avec"


Marc Bessin​

chercheur à l’IRIS (UMR8156 CNRS - EHESS - U997 Inserm - UP13)
Institut de Recherche Interdisciplinaire sur les enjeux Sociaux
Sciences sociales, politique, santé
EHESS, 190 avenue de France, 75013 PARIS
Tel : (33) 1 49 54 26 75
http://iris.ehess.fr/index.php?725