Penser les altérités

Publié le 17 octobre 2017 par Heta Rundgren

Le laboratoire junior Altérités, Marginalités, Catégorisations a le plaisir de vous inviter à sa première journée d’étude qui se tiendra le 27 octobre à l’ENS de Lyon : "Penser les altérités".

Le programme de la journée sera le suivant

Définir les altérités par des cas d’étude (9h - 12h)

Marianne Blidon, géographe : « Penser l’altérité. Les minorités sexuelles à l’épreuve de l’enquête »

Aude Fauvel, historienne : « Lire l’histoire psy en agnotologie ou comment (im)penser le savoir du fou »

Lilian Mathieu, sociologue : « Déviantes en quête de respect : quelques apports de la sociologie de la prostitution »

Jean-François Staszak, géographe :« Exotisme et altérité géographique »

Tables rondes, réflexions collectives (14h - 18h15)

Première discussion collective : « Cerner les contours par la comparaison et allers-retours définitionnels »

Deuxième discussion collective : « Pratiques sociales, usages scientifiques : catégoriser pour penser les altérités »

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Argumentaire

Première journée d’étude organisée par le laboratoire junior Altérités Marginalités Catégorisations, la journée d’étude « Penser les altérités » se propose de réfléchir à différents concepts mobilisés par les sciences sociales pour analyser la question de l’altérité et les rapports de pouvoir qui lui sont liés. Pour rendre compte des différentes formes d’altérité, un large panel de concepts est mobilisé, comme ceux de “minorité”, “marginalité”, “déviance” ou encore “exotisme”. Or, si tous ces concepts décrivent une modalité de l’altérité, ils recoupent pourtant des réalités différentes. Il s’agit donc de proposer une réflexion définitionnelle autour de ces termes, en dépassant les cas particuliers des groupes sociaux auxquels ils peuvent être associés.

Cette journée sera d’abord l’occasion de réfléchir à la façon dont on peut définir ces termes, d’abord séparément, mais aussi en les mettant en relation les uns avec les autres. Des questionnements théoriques émergent, pouvant être éclairés par des études de cas précises : quelle place joue la variable quantitative dans la définition d’une minorité ? La marginalisation est-elle nécessaire à la constitution d’un groupe comme minorité ? L’écart à la norme est-il forcément producteur de marginalité ? Toute altérité peut-elle faire l’objet d’une exotisation ? L’idée d’un Ailleurs est-elle une condition nécessaire de l’exotisme ? La marginalité peut-elle être majoritaire ? Quels liens entre marginalité et déviance ?

Si la réflexion attendue est avant tout définitionnelle, il ne s’agit pas pour autant de proposer des analyses coupées des matériaux empiriques qui ont permis son élaboration : le cas des minorités sexuelles, des malades mentaux.ales, des travailleur.euse.s du sexe ou encore de la fascination occidentale pour l’ailleurs « exotique » (et de préférence lointain) sont autant de situations qui éclairent les modes de penser et les pensées de l’autre.

S’intéresser à ces concepts nécessite de recourir à deux niveaux d’analyse. On peut tout d’abord s’interroger sur ce que les sciences sociales identifient comme minorité, marginalité, déviance ou exotisme, et surtout selon quels critères. Mais il convient également d’interroger l’emploi courant qui est fait de ces termes, dans les discours politiques ou médiatiques par exemple, faisant alors potentiellement émerger un écart avec le discours scientifique, écart qui devient alors lui aussi objet d’analyse. La focale d’analyse gagne ainsi à se déplacer de l’emploi de ces termes comme outil scientifique à leurs productions et usages par les acteurs sociaux.

En effet, ces différents statuts (minorité, marginalité, déviance, exotisme) relèvent toujours d’une interaction. Celle-ci commence par un processus de catégorisation, première étape de la construction d’une altérité par l’affirmation d’une spécificité, impliquant souvent une démarche essentialiste. Cette interaction peut prendre des formes plus radicales qu’il s’agit aussi d’analyser : exclusion, discrimination, oppression, marginalisation, stigmatisation, domination. Comment distinguer ces formes de rapports sociaux ? S’agit-il d’une différence de degrés, d’étapes, si l’on pense en termes de processus linéaire, ou alors d’une différence de nature entre ces différents phénomènes ? Les phénomènes sociaux évoqués gagnent alors à être interrogés du point de vue du jeu, de la relation dialectique entre le même et l’autre qui les caractérise.

Enfin, penser l’altérité comme un phénomène prenant des formes variées dans le temps et dans l’espace permet de dégager des figures de l’autre plus ou moins propres à des sociétés données. Est-il possible de faire émerger des traits communs, des permanences dans différentes figures de l’altérité ? Avec cette journée d’étude, il ne s’agit pas tant d’avoir une approche exhaustive de ces concepts que de poser des jalons qui vont structurer les deux années de réflexion de ce laboratoire junior.

De cette volonté d’ouvrir des pistes découle la forme particulière de cette journée d’étude qui sera partagée en deux temps. La matinée sera consacrée aux interventions individuelles de chacun des intervenants et intervenants, au nombre de quatre. L’après-midi consistera en un échange entre les intervenantes et les intervenants et avec la salle pour faire émerger une réflexion collective qui permettra de confronter les différentes interventions et de tenter une montée en généralités à propos des différents concepts étudiés.

Téléchargez le programme :

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L’événement est gratuit et ouvert à toute personne intéressée. Il est cependant nécessaire de s’inscrire au préalable en suivant le lien suivant : https://www.eventbrite.fr/e/billets-journee-detude-penser-les-alterites-38811394927